10/09/2007

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE

LE PIRE ENNEMI DES PROFITS C’EST

LE     PLEIN    EMPLOI

Le chômage est un redoutable moyen de pression entre les mains de l’Etat et du patronat, et il constitue le meilleur moyen d’imposer la paix sociale et le contrôle des salaires par le biais de la précarité. Vous vous en doutiez sans doute !  Mais connaissiez-vous le NAIRU (prononcez Nairou car c’est le l’English !) ? Ce n’est pas un gros et placide poisson de roche (délicieux au demeurant) ; ce n’est pas non plus un homme politique Hindou compagnon de Gandhi !! Non, cette saloperie a été pensée, à notre connaissance, dans les années 60 à la London School of Economics, l’un des fiefs des promoteurs du néolibéralisme à travers la Société du Mont Pèlerin et définitivement nanti de l’onction cardinalice néolibérale par Milton Friedman en personne au sein de sa dévastatrice « Ecole de Chicago ». NAIRU signifie, en fait : Non-Accelereting Inflation Rate of Unemployment. Vous voyez le travail !! On est en droit de préférer le Mérou et Nehru réunis !!!    Le plein emploi ? Vous voulez rire ? 

Oui, le pire ennemi des profits financiers, c’est le plein emploi. En effet, si l’on veut garantir aux investisseurs 15 % de retour sur investissements, il faut bien les trouver quelque part. Dans un contexte macroéconomique qui génère allègrement 5 % de croissance à l’échelle planétaire et difficilement 2% en Europe, il faut bien peser sur les coûts afin de combler la différence ma bonne amie comme dirait Mme Parisot prenant le thé avec Mme Lagarde.

  

La rémunération du travail étant perçue comme un coût, il faut la minimiser en faisant en sorte que l’emploi soit une denrée rare. Mais existe-t-il un nombre magique qui permette de fixer le point à partir duquel la pression sociale/salariale, les profits et le taux de chômage sont tels qu’ils optimisent l’inflation ?

 

Ce nombre magique existe et a un nom : c’est le NAIRU ou taux de chômage d’équilibre ou encore taux de chômage « naturel ». Le postulat de départ est le suivant : lorsqu’on s’approche du plein emploi, la capacité des salariés à négocier des augmentations de salaire s’accroît, les entreprises répercutent le coût du travail plus élevé sur les consommateurs, et l’économie est entraînée dans une spirale salaires-prix.

  

Le NAIRU permet de modéliser la croissance potentielle du PIB (La croissance au delà de laquelle il ne faut pas aller, au risque de faire croître l’inflation), et il est admis chez nos chers penseurs bien pensants que s’il n’y a pas de croissance il y a du chômage potentiel. Nous en revenons à cette fameuse obligation de croissance déjà décrite dans notre Jeu de Cons.

  

L’obsession des économistes bien en cour et des banquiers centraux est la lutte contre l’inflation (la crise de 29 a laissé des traces indélébiles et celle des années 70 également). L’administration européenne en a également fait son cheval de bataille : « stabilité des prix » (Traité de Maastricht), « la lutte contre l’inflation est un bien commun de l’Union au même titre que l’Euro » (Traité de Lisbonne).

  

Dans ce contexte la BCE a statutairement pour principal objectif de maintenir la stabilité des prix au détriment de tout autre paramètre, y compris le niveau d’emploi. La BCE donc est responsable du taux de chômage élevé en Europe, la BCE programme le chômage.

  

Chaque fois qu’un banquier central augmente ses taux d’intérêts ou qu’il décide de ne pas les baisser en situation de diminution de l’activité économique (mesurée par le PIB), il sait qu’il met au chômage les catégories les plus vulnérables de la population. Il le sait et il le fait !!

  

Pourquoi la lutte contre l’inflation est-elle si importante ?

L’inflation, c’est l’augmentation du niveau général des prix, c’est ce qui donne sa valeur à l’argent, et l’argent doit garder cette valeur dans le temps afin de pouvoir transférer ou garder les richesses ; or, s’il y a trop d’inflation, l’argent perd de sa valeur. Ce qui est une mauvaise chose pour les créanciers, et une aubaine pour les débiteurs.   

 

Dans le même esprit que l’externalisation qui permet à une entreprise de transformer ses coûts fixes en coûts variables de façon à pouvoir mieux maîtriser sa capacité relative à générer des profits indépendamment du volume de son activité économique, le NAIRU permet de modéliser la croissance potentielle de façon à ce qu’elle ne soit pas supérieure au point à partir duquel l’inflation augmente, c’est-à-dire à partir duquel l’unité de valorisation du capital baisse.

  

C’est dans cette même logique que s’inscrivent le travail temporaire, la filière des stages, les contrats à durée déterminée et autres formules visant à assouplir et à fluidifier le travail.

  

Plus efficace encore que la variabilisation des coûts fixes, il existe la mondialisation. Car la mondialisation, c’est une réorganisation du travail à l’échelle planétaire ; elle permet aux grandes entreprises, en supprimant toutes les barrières, de trouver une main-d’œuvre docile, de qualité (parfois), et, en tout cas, à un coût défiant toute concurrence, dans des pays dans lesquels on est certain que les travailleurs ne pourront pas se syndiquer ni revendiquer d’augmentations de salaires.

  

En fait, le chômage n’est rien d’autre qu’une variable d’ajustement économique au service du politique capitaliste (ou « libérale » si vous préférez). Avec tous les effets négatifs ou positifs, selon sa position dans les « castes » socio-économiques que cela implique sur le taux d’emploi, sur la perte de vitalité de nombre de territoires européens, sur la réduction de rémunération du travail et sur l’augmentation de celle du capital.

 

C’est quoi l’inflation ? L’inflation se définit normalement comme une hausse durable du niveau général des prix (c’est-à-dire des prix de tout ce qui s’échange -s’achète et se vend- dans une économie), dans les faits, l’inflation est mesurée, notamment, par l’indice des prix à la consommation. On serait en droit de se demander pourquoi l’augmentation/diminution des valeurs mobilières (actions, obligations) et des valeurs immobilières (bâtiments, sicafi) n’est pas prise en compte dans le calcul des prix à la consommation. Parce qu’un bien de consommation, par définition, perd de sa valeur avec le temps (vous le revendrez sans doute moins cher un an après l’achat), alors qu’un investissement est par définition (ou par convention) supposé correspondre à l’inverse. Or le système financier, comme nous l’avons déjà souligné, transfère dans le temps les plus-values produites par les investissements. Il serait donc contre-productif de tenir compte, dans le calcul de l’inflation, d’un paramètre qui a pour vocation d’augmenter, puisque, ce faisant, il viendrait augmenter l’inflation qui, par voie de conséquence, diminuerait la valeur de l’investissement. Vous voyez, quand vous voulez, vous le comprenez ce système !!!

  

De plus, comme le faisait remarquer le Friedman de tout à l’heure, l’un des papes du néolibéralisme : « Si les ménages sous-estiment le taux d’inflation effectif, ils seront enclins à offrir plus de travail, puisqu’ils surestiment le salaire réel proposé, ce qui les conduit à accepter des propositions d’emplois qu’ils refuseraient si leurs prévisions étaient correctes. »  Faut-il vous préparer la vaseline ? ça fait mal, hein, de sous-estimer l’inflation !!£

  

Pour être complet, rappelons encore que ce taux « naturel » de chômage non accélérateur d’inflation est devenu une norme qui fait monter ou baisser la Bourse en fonction du nombre d’emplois créés ou détruits. On appelle ça, de nos jours, les licenciements boursiers !!! Encore un Jeu de Cons !!!

  

Au-delà du discours économico-financier, ne nous voilons pas la face, ce monde marche sur la tête. Les jeunes ont des problèmes d’emploi, mais aussi les femmes, les immigrés, les personnes de plus de cinquante ans... Bref, tout le monde a un problème d’emploi, et de précarité relative, quels projets de vie peut faire un intérimaire, or de plus en plus, on en recrute à tour de bras au détriment de l’emploi pérenne, c’est à croire que le patronnat c’est converti à la religion NAIRU !!! Pourtant, le travail est le meilleur rempart contre la pauvreté. Ne comptons pas non plus sur nos élus POLITIQUES pour trop en faire sur ce plan, ils ont tous peu ou prou intégré ces données (à droite) ou se sont couchés (à « gauche »), ce qui revient au même.

  

Notre « société de marché » actuelle, complètement focalisée sur la maximisation des profits à court terme au bénéfice de la Finance mondialisée, n’est pas, ne peut pas être, la seule organisation sociale possible. Il est urgent d’en imaginer une autre qui pourrait remettre l’humain au centre des préoccupations. On ne peut  laisser libre cours au marché, toujours et partout, dès lors que cela met en cause la stabilité même de nos sociétés humaines et leur capacité à assurer leur cohésion sociale ; dès lors, car nous en sommes là, qu’il remet en cause la pérennité même de l’espèce humaine.

  

Parce que :

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE  

22:45 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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