25/09/2007

VIVE LA REPUBLIQUE

Ce dimanche 23 septembre 2007, Wallons et Flamands indépendantistes républicains de la gauche alternative anticapitaliste, et antilibérale se sont rencontrés à Thuin, voici leur déclaration commune en guise de message à leur  deux nations à l'occasion du 27 septembre.

LA BELGIQUE, OBSTACLE POUR UNE COOPERATION FLAMANDO/WALLONNE

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DECLARATION  COMMUNE

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Il existe en Belgique l’opinion très répandue mais également très erronée : que le problème belge se réduirait à un conflit ethnique, basé sur la haine, des préjugés et l’égoïsme. De cela, on déduit que les mouvements flamands et wallons sont par nature antithétiques. Selon nous, il ne s’agit non pas de mouvements à réflexes réactionnaires, mais, au contraire, de mouvements qui sont (ou qui devraient être) essentiellement émancipatoires, et qui devraient donc en premier lieu chercher de l’entente entre eux-mêmes au sein de la gauche. Cependant, il est vrai que la droite  est dominante dans le mouvement flamand, contrairement à ce qui est la cas dans le reste du monde – du Québec au Kurdistan, en passant par l’Écosse et le Pays Basque. Bien que cela ai ses raisons historiques, ce n’est pas une loi immuable car tant le mouvement flamand que le mouvement wallon  défendent l’autogestion et se tournent non seulement contre un état, mais surtout contre un système politique capitaliste et une élite ultra libérale. Il est dommage que leur contacts se soient effrités ; il s’agit d’une évolution dont les deux camps sont coresponsables . Mais ce n’est pas irrémédiable ; nos intérêts communs nous imposent aujourd’hui de rectifier cette situation

On ne peut nier le fait qu’il est de nos jours bon ton dans beaucoup de cercles progressistes de défendre  le régime belge actuel, aussi du côte francophone bien que le mouvement wallon s’est prouvé presque immunisée de la tentation de l’extrême-droite. On est d’avis que cette situation est néfaste pour la gauche – tant la gauche traditionnelle (sp.a, PS, les verts) que la gauche radicale – car elle risque de râter un train important  et qu’elle est contrainte par une alliance  contre nature avec un belgicanisme conservateur et de droite.

La crise gouvernementale que l’on vit  en ce moment montre de plus en plus que le modèle fédéral, crée depuis les années’60 et ’70 par l’ancienne élite belge afin de neutraliser les forces autonomistes flamandes et wallonnes, manque de stabilité. . En s’intégrant dans un système économique transnational, la base sur laquelle l’ancienne bourgeoisie belge, qui était le garant de l’unité du pays tout comme ce pays était l’instrument de ces intérêts, pouvait se présenter comme défenseur des intérêts nationaux s’est effondré. Cette élite est en train de disparaitre, et il n’est qu’une question de temps avant que la Belgique suive.  Les forces conservatrices – flamandes ét francophones – l’ont bien compris.

On voit que du côte flamand, la droite envisage une Flandre libérale, prêt à laisser tomber  la protection des flamands bruxellois contre la  suprématie et la haine presque raciale type FDF. Souvent est peint l’image de la Wallonie comme intrinsèquement paresseuse et parasite (car trop à gauche), le contraire d’une Flandre travailleuse car de droite. Avec ça, on cache le fait que le déclin de l’économie wallonne depuis la deuxième moitié du 20ième siècle est avant tout le résultat du refus de la haute finance (« Bruxelles » comme on dit souvent) d’investir dans le renouvellement de l’économie d’une région dont elle a volé les richesses pendant plus d’un siècle. Elle cache aussi l’insécurité de la prospérité de cette Flandre – une prospérité aussi relative que son Independence future.

De l’autre côté, bien que le belgicanisme y est encore le mot d’ordre, on ne peut que remarquer de plus en plus un discours prônant « l’unité des francophones » et cela dans tout les partis. Même Ecolo, qui, il y a dix ans, refusait d’établir une section locale à Rhode-Saint-Genèse par loyauté envers Agalev, en souffre. Est-ce autre chose que la préparation d’un scénario « Wallobrux », qui, certes, aujourd’hui est surtout une menace vis-à-vis  des séparatistes flamands mais qui n’en est pas moins le projet envisagé en cas d’une scission ?

Dans les deux cas, on nous prépare pour une « Belgique-bis », qui ne changera grand-chose pour le citoyen ordinaire.

En somme, le conflit actuel qu’on présente si souvent comme un conflit entre flamands et wallons est avant tout un conflit entre deux visions générales sur l’avenir de la Belgique. D’un côté, on retrouve un belgicanisme, souvent sous le masque de progressisme, parfois unitariste mais plus souvent sous forme d’une glorification du fédéralisme actuel ; de l’autre côté, on nous propose deux ou trois Belgiques-en-miniature.

La gauche alternative indépendantiste et républicaine,  anticapitaliste et antilibérale doit faire un choix. Va-t-elle donc donner à la droite le privilège de construire  la post-Belgique ? Selon nous, il est indispensable que cette gauche qui est la nôtre, offre une alternative : un projet anti-belge radical. C’est dans ce projet que flamands et wallons devront et pourront se retrouver, et non pas dans un état qui a toujours été l’instrument d’une élite capitaliste  qui méprise les deux mais qui, comme écrivait le communiste flamand et flamingant Jef Van Extergem il y a presque 70 ans, monte néanmoins les uns contre les autres. Ensemble, ils devront s’efforcer d’établir une République Flamande et une république Wallonne, au service de chaque citoyen et hors d’un fédéralisme absurde qui ne sert que les intérêts de quelques-uns. Ces républiques devront être sociales et progressistes – et, libérées du carcan belge-, elles pourront l’être. Ces deux républiques souveraines devront bâtir ensemble une Europe politique et sociale – mais à l’inverse  de l’U.E. actuelle, qui est surtout synonyme d’érosion du système social et surtout, sans  contrôle démocratique. La Wallonie et la Flandre ne gagneront pas  leur indépendance aux dépens l’une de  l’autre, mais bien  au dépens de la Belgique.

La gauche doit renouveller son ancrage populaire en lien avec l’aspiration d’émancipation des peuples flamands et  wallons, et le mouvement flamand doit surtout renouveller son lien avec le mouvement wallon et vice-versa, car la structure belge forme un obstacle. Car,  ni pour la cause de la gauche,  ni pour le mouvement flamand,  ni pour le mouvement wallon on ne  trouve pas d’avenir durable en continuant à se considérer des adversaires systématiques. Oui, si on peut le dire avec ce proverbe tant abusé : l’union fait la force ! Et plus cette union sera populaire et progressiste, et plus elle sera forte.

L’entente de gauche est simple nous direz-vous, mais que pensez-vous du passif institutionnel Belge ?

V-SB et RPW sont très clair est affirment ensemble les principes institutionnels suivants :

-          Bruxelles, capitale européenne, ville devenue multiculturelle de près d’un million d’habitants ne peux plus être revendiquée par qui que ce soit,  sur sa seule base linguistique, lors du divorce, comme une vieille dame respectable, il lui sera demandé de se positionner vers l’un ou l’autre des deux nouveaux états, où si elle veut naviguer seule sur la vague du capitalisme mondial et international (sur base de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes), les populations des cantons de l’Est auront aussi à se prononcer sur leur propre devenir, toujours en  vertu du même principe. Lors du débat interne à Bruxelles, les signataires de cette déclaration commune jouiront dans le débat post-belgique  de leur totale liberté de revendication institutionnelle pour Bruxelles.

-          Toutes le autres communes dites « à facilités » sont et resteront dans le giron de l’Etat où elles sont actuellement, ce qui implique que la périphérie bruxelloise restera flamande, là où des francophones aisés sont allés s’installer dans le but premier d’échapper à une fiscalité qu’ils jugeaient trop lourde, en agissant ainsi au moment de leur implantation, ils savaient les risques encourus, ils leur reste à les assumer. Dès lors, pour nous … OUI on peut scinder le fameux BHV  et cette problématique concerne essentiellement l’Etat Flamand. Nous estimons d’ailleurs que par effet d’entraînement consensuel la protection des minorités dans le double cadre des droits fondamentaux européens et du consensus retrouvé faciliteront la mise en œuvre démocratique de ces droits.

-          Pour les Fourons, vu le caractère historique des liens qui existent de facto entre les Fourons et la région liègeoise d'une part, et le fait que le néerlandais y joue un rôle important d'autre part,  il est clair, pour les deux partis que seule, une solution négociée démocratiquement et sans  à priori sera organisée afin de régler le contentieux de manière respectueuse des intérêts de tous.

             Thuin le 23 septembre 2007

            POUR V-SB                                                           POUR LE RPW

Vlaams -  Socialistische Beweging                      Rassemblement Populaire Wallon

Erwin   VANHORENBEECK                            Pierre DUTRON

Johan   DE  NYS                                               Christelle ADANT

Martijn CIELEN                                                Jean-Marie BORGNIET

(signatures sur l’original)

00:01 Écrit par PD dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Signéz la pétition! La déclaration commune du RPW et VSB "LA BELGIQUE, OBSTACLE POUR UNE COOPERATION FLAMANDO/WALLONNE" en version pétition! Signez-là ici: http://www.lapetition.be/petition.php?petid=678

Écrit par : Henry Wilder | 25/09/2007

Merci Henry Faisons circuler ton heureuse initiative, et qu'elle remporte un vif succès.
Bonnes fêtes de Wallonie at'terttousses

Écrit par : pierre dutron | 25/09/2007

malheureusement Cher pierre
J'admets tes principes mais malheureusement je suis royaliste et suis contre la république, mais je te suis parfaitement en défendant la WALLONIE car je suis moi même LIEGEOIS de pure souche et fier d'être BELGE même a l'étranger.
Reçois mes amitiés et continue ton combat si tu es sur qu'il est bon

Robert la grande gueule et l'emmerdant

Écrit par : robert | 02/10/2007

C'EST LA DEMOCRATIE Mon cher Robert,
C'est la démocratie, avoir des idées, les dire, accepter celles des autres et il y a des majoritaires et des minoritaires. Ce qui est insupportable, c'est que l'on enferme des gens qui ne sont pas de l'avis majoritaire, qu'on les torture, voire même qu'on les éxécute, çà c'est les sommet de l'innacceptable.
Merci Robert pour ta franchise, mais je te reconnais bien là, et saches que bien que n'ayant jamais parlé politique tous le deux, sur les spectacles, cela ne changera absolument rien entre nous. tu as une position et tu l'assume, toi aussi continue et informe-toi, il n'y a que les c... qui ne changent pas d'avis (rires). Betches à ma chérie Armony.

Écrit par : pierre dutron | 03/10/2007

Lisibilité J'ai renoncé à lire votre déclaration car le noir sur fond bleu n'est pas vraiment la meilleure manière de faire connaître sa pensée. A quoi pensent les personnes chargées de la présentation des pages ?

Écrit par : Bodart | 19/10/2007

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