28/10/2008

QUESTION REPONSE

CES 25 , 26  &  27 OCTOBRE  LA  LIGUE  WALLONNE  DE BRUXELLES  SEMBLE AVOIR LANCE SUR BASE DU FICHIER  DES SIGNATAIRES DE  L’APPEL A DES ETATS GENERAUX DE  WALLONIE ( ???) UNE LARGE CONSULTATION SUR LA BASE d4UNE QUESTION QUE VOICI PLUS BAS, SUIVENT EGALEMENT LES TROIS EPISODES DE LA REPONSE ARGUMENTEE DE MILOU RIKIR , LA REPONSE DE  PIERRE DUTRON  PRESIDENT DU R.P.W. , ET ENFIN CELLE DU « COQUELICOT DU HAINAUT » (HAINAUT FRANÇAIS).  BONNE LECTURE ET LA SUITE AU PROCHAIN NUMERO

 coqbuveur

Objet : L'engagement de la Ligue wallonne de Bruxelles asbl

 

Chère Madame,

 Cher Monsieur,

Voulez-vous bien donner votre point de vue, par courriel, sur la Belgique de demain ? Comment la voyez-vous ?

-          Une Belgique fédérale ?

-          Une Belgique confédérale ?

 

Nous vous remercions de votre participation à l’action d’information de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles.

 

Nous vous prions de croire, chère Madame, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

 

Raymond Watrice

Secrétaire de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles asbl

 

 

 

Messieurs,

Chers amis wallons,

 

À votre question, il me paraît aujourd'hui qu'aucun militant wallon sincère et conscient des réalités ne peut répondre autrement que par le souhait ardent que la Belgique n'ait plus de demain du tout. Le seul espoir du Peuple wallon est dans la disparition totale de cet État fantoche qui n'aura jamais réussi à être un pays. L'eût-il pu, d'ailleurs ?

Donc, il va de soi que la question que vous posez n'a, en l'occurrence, aucun intérêt. Une Belgique fédérale serait un véritable "sur-place" et donc, à terme, la première ébauche d'une régression et d'un retour à la Belgique unitaire. Une Belgique confédérale, quant à elle, ne serait que l'annonce de la disparition à terme. Autant faire l'épargne de tout ce temps perdu (avec ce qu'il représentera d'argent et de souffrances pour notre Peuple) et aller carrément à l'indépendance qui est la seule solution de courage. La Wallonie et les Wallon(ne)s doivent enfin s'assumer et cesser de rejeter continuellement les torts sur d'autres : hier la Belgique, aujourd'hui la Flandre, demain Paris ou l'Europe.

Vive la Wallonie, libre, indépendante et républicaine dans l'Union Européenne !

 

Bien à vous,

Salut et Fraternité !

 

Milou (Émile) Rikir

10, rue Sous-les-Roches

B-4500 HUY

WALLONIE

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"Un peu d'internationalisme éloigne de la Patrie,

Beaucoup d'internationalisme y ramène.

Un peu de patriotisme éloigne de l'Internationale,

Beaucoup de patriotisme y ramène"

 Jean JAURÈS

Vive la Wallonie, libre, indépendante et républicaine

Cher Monsieur,

 

Je vous remercie pour votre très pertinent avis.

Permettez-moi une question complémentaire : souhaiteriez-vous le rattachement à la France, un retour à la mère-patrie ?

Je publierai votre avis sur le blog de la Ligue wallonne accessible via : http://liguewallonnebruxelles.skynetblogs.be

Bien cordialement

Raymond Watrice

Secrétaire de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles

Cher Monsieur,

Cher Ami wallon,

 

La France n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais notre mère-patrie. Que je sache (et je suis historien), hormis Tournai, Barbençon, Philippeville et Mariembourg, les provinces formant actuellement la Wallonie n'ont plus dépendu de la France depuis le traité de Verdun (France qui, d'ailleurs, n'existait pas avant cette date). Hormis l'épisode révolutionnaire et impérial (1795-1814), nous n'avons jamais été français. Certes, ce furent là (partiellement) des heures de gloire, mais je ne vois nullement en quoi cela nous autoriserait à parler de "mère-patrie". Et, sinon, pourquoi ne pas réclamer aussi la ré-annexion à cette pseudo-"mère-patrie" des Pays-Bas, de la Toscane, du Latium, du Piémont, du Valais, de la Catalogne, de l'Allemagne du Nord-Ouest, de la Cisrhénanie ou... de la Flandre, toutes régions qui firent partie du Grand Empire ???

 

La Wallonie est ma seule patrie. Tous les annexionnistes français pourront tâcher de me convaincre du contraire, je connais l'histoire de mon pays (et ne m'amuse pas à la traficoter) et cette histoire n'est pas française. Quant à l'aspect linguistique, je n'oublie pas que jusque la seconde guerre mondiale, la première langue parlée par la majorité des Wallonnes et des Wallons (c'est-à-dire son peuple travailleur, pas la bourgeoisie "frankeûpheûne"), dans leur vie de tous les jours, c'était l'une de nos langues régionales, n'en déplaise à tous ceux qui nient cette réalité du Peuple wallon. Et que ces langues sont toujours bien vivantes, n'en déplaise à la retebefe et au Swâââr belgo-aernoudtien-bruxellois.

 

Tout cela étant écrit, je n'en suis pas moins un partisan des meilleures relations possibles avec notre grande soeur. Mais dans l'indépendance et le respect mutuel (ce qui ne sera nullement aisé de la part de la grande soeur en question, qui a toujours une fâcheuse tendance à se prendre pour le boeuf alors qu'elle n'est même plus grenouille).

 

Inutile, après cela, de vous préciser que par ailleurs, je ne suis nullement gaulliste (si cela était jamais votre prochaine question).

 

Bien à vous,

 

Salut et Fraternité !

 

 

Milou (Émile) Rikir

10, rue Sous-les-Roches

B-4500 HUY

WALLONIE

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"Un peu d'internationalisme éloigne de la Patrie,

Beaucoup d'internationalisme y ramène.

Un peu de patriotisme éloigne de l'Internationale,

Beaucoup de patriotisme y ramène"

 Jean JAURÈS

Vive la Wallonie, libre, indépendante et républicaine !


Cher Monsieur,

Je suis quelque peu surpris par votre message. Je suis originaire de Morville (rattaché à Florennes), commune de l’arrondissement de Dinant-Philippeville. C’est tout naturellement que j’ai fait mes études secondaires à Dinant.

Que pensez-vous des marches napoléoniennes en Entre Sambre et Meuse (Florennes, Biesmerée…) ? Ne sont-elles pas l’expression d’un souhait d’un rattachement à la France ?

Bien cordialement.

Raymond Watrice

 

 

Cher Monsieur,

Cher Ami wallon,

 

Puisque nous en sommes aux souvenirs historiques, autant vous le dire : je suis "bonapartiste", passionné de l'histoire politique et administrative du Grand Empire français. Cela ne fait pas de moi un Français. Cela fait de moi un partisan de l'Empereur (pas du militaire, mais du grand organisateur institutionnel). Je suis d'ailleurs en phase de réalisation d'un ouvrage sur cette question, avec un historien français. Et j'apporte mon concours à un doctorant français pour sa thèse sur les députés au Corps législatif du Consulat, de l'Empire et des Cent-Jours. C'est vous dire, notamment, que je ne suis pas un ennemi de la France (contrairement à ce que certains annexionnistes ne manqueront pas de vous dire).

 

Les marches napoléoniennes de l'Entre-Sambre-et-Meuse sont effectivement le souvenir d'un moment de gloire. Nous n'avons pas ici à Huy ce type de nostalgie, mais nous avons toujours notre Chaussée Napoléon, qu'aucun régime n'a pu faire disparaître ; la Ville de Huy – comme Liège – fête le 14 juillet (même si cela est moins solennel et populaire que dans la Cité ardente, mais tout de même plus que le 21 juillet qui n'intéresse que les autorités constituées). Mais je vous signale que, dans d'autres régions d'Europe qui firent ou non partie du Grand Empire, il y a aussi pareilles commémorations et attitudes. Savez-vous que, parmi les troupes "reconstituantes" des grandes batailles napoléoniennes, ce sont aujourd'hui les... Russes et les Anglais qui sont parmi les plus fervents adorateurs de l'Empereur. Cela n'en fait ni des Français, ni des partisans de l'annexion de leur pays à la Fille aînée de l'Eglise !

 

Parmi les régions qui ont le plus "fêté" Napoléon depuis 1999 (date du début des manifestations du bicentenaire de sa prise du pouvoir), l'Argovie, le Tessin ou Saint-Gall ont été en pointe, mais pas le Valais. Les historiens "hollandais" sont à la pointe du progrès pour ce qui est de la mise en lumière des archives de la période "Bonaparte" mais c'est la République française "une et indivisible" qui a singulièrement brillé par son absence des célébrations d'Austerlitz. La même France qui – très sélective de son passé – ne se met que depuis un an à enfin assurer la mise en ligne sur Gallica (site que vous devez connaître, je l'espère) de textes importants de la période impériale, qu'elle préférait jusque-là occulter. La Bibliothèque nationale de France (et les autorités "républicaines" derrière elle) y ont été contraintes par le succès rencontré par la mise en ligne de ces ouvrages sur Google Livres, outil américain exceptionnel que les Jacobins français toisaient du haut de leur supériorité insufférable.

 

Il me semble que vous confondez tout. Être francophone, être un partisan convaincu de la défense de la langue française (ce que je suis, mais pas dans le sens de ce repaire de la bourgeoisie orléaniste et de la noblesse légitimiste – devenues gaullistes après avoir été pétainistes – qu'est encore l'Académie française), cela ne conduit pas fatalement à être annexionniste. Heureusement ! Il est encore une masse de Wallonnes et de Wallons qui se sentent de chez eux, de Wallonie, de ce petit bout de terre enclavé entre l'Allemagne et la "Frâânce éternelle". Et qui ne voulaient pas, ne veulent pas et ne voudront jamais devenir Français.

 

Je ne regarde plus jamais aucun journal télévisé "belge" depuis maintenant près de vingt ans, je ne parcoure "Le Swâââr" belgo-bruxellois qu'à la recherche des nécrologies (pour mon travail) et des mots croisés (pour la détente). Pour le reste, je suis un abonné au "Monde" depuis 1975 et je ne regarde que les chaînes françaises. J'adore la culture française, la littérature française, la cuisine française et je déteste la "coca-cola-culture" qui nous vient d'outre-Atlantique. Je suis un passionné, depuis très longtemps, de l'histoire de France, ma soeur est naturalisée française et mes neveux et nièces sont français, à défaut de pouvoir être Occitans.

 

Mais en quoi tout cela ferait-il de moi un Français ? La langue ? La langue n'est rien si elle n'est pas rattachée à autre chose. Cette autre chose, c'est la Patrie. Et ma Patrie, c'est la Wallonie, aucune autre. Oui, je ne m'en cache pas, ne m'en suis jamais caché, je suis un nationaliste wallon. Et un nationaliste de gauche (anciennement d'extrême-gauche, puisque je fus un temps communiste et que, si je continue à travailler en tant qu'archiviste pour le Centre des Archives communistes en Belgique, j'ai complètement rompu depuis plus de dix-sept ans avec cette idéologie absurde et criminelle).

 

Vous me dites être de Morville, village qui n'a jamais appartenu à autre chose, depuis le Moyen âge, qu'au comté de Namur, bailliage de Bouvignes-sur-Meuse. J'aimerais assez qu'à part le bref épisode (dans l'histoire d'un pays, que sont – 1795-1815, dans le cas de Morville – vingt années ?) révolutionnaro-impérial, vous me montriez en quoi votre village serait "français", hormis l'imposition progressive, par l'État et la bourgeoisie belges, de la langue française. Que je sache, le comté de Namur, depuis 843 jusqu'en 1794, fit partie de la Lotharingie, de la Francie (mot dérivant de "Franken", et non de "France") orientale puis du Saint-Empire Romain de la Nation germanique. Où est la France dans tout cela ? Nous avons été annexés au "Royaume des Pays-Bas" de 1815 à 1830. Ces quinze brèves années justifieraient-elles que se crée aujourd'hui, à l'aube de la disparition de la Belgique, un "mouvement pour le retour aux Pays-Bas" ? Certes pas, cela serait absurde, comme l'est cette revendication d'une annexion à la France, portée à bout de bras par tout ce que la Belgique "frankeûpheûne"  compte de nostalgiques de la Belgique de grand'papa (RTBf, Le Swâââr et autres belgo-bruxelloiseries) et par certaines officines – proches d'un certain quai d'Orsay ou d'une certaine place Beauvau – de la République.

 

Toutes les discussions que j'ai eues et que j'aurai encore avec les rattachistes de toutes chapelles tournent autour de cette question : tous se réfèrent uniquement à la période 1795-1814 pour justifier un pseudo-"retour" à ce que vous appelez bien erronément la "mère-patrie". Mais l'histoire, la vie économique et sociale, la culture, les "racines" en un mot, de notre Peuple ne se résument pas à ces vingt ans. Quant à moi, je ne fais l'impasse sur aucune période de l'histoire de mon Peuple. Nous avons été indépendants, dans le cadre d'une structure impériale allemande assez lâche (mais néanmoins beaucoup moins "lâche" que ne le prétendent certains rattachards, à la sauce Gendebien, par exemple), pendant près de neuf cents ans. Et cela ne compterait pour rien par rapport à vingt ans d'annexion à la France "une et indivisible" (le genre de formule ridicule qu'adorent les Jacobins de tous poils) ???

 

Enfin, je reste – philosophiquement parlant, s'entend – un fédéraliste, partisan des théories institutionnelles inspirées de Proudhon. Ce qui a été expérimenté en Belgique n'est nullement et n'a jamais été le fédéralisme, mais simplement un processus lent (et "flamand") de destruction de cet État improbable. Mais nous avons devant nous un grand oeuvre : la constitution d'un État fédéral européen, dans laquelle la Wallonie aura toute sa place comme État constitutif républicain, indépendant et souverain, aux côtés de l'Irlande, de la Slovaquie, de la Pologne, de la Bretagne, de la Corse ou de la Catalogne.

 

Voilà la réalité. Elle n'est pas faite de mythes ou de souvenirs de temps plus ou moins glorieux.

 

Bien à vous,

Salut et Fraternité !

 

Milou (Émile) Rikir

10, rue Sous-les-Roches

B-4500 HUY

WALLONIE

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"Un peu d'internationalisme éloigne de la Patrie,

Beaucoup d'internationalisme y ramène.

Un peu de patriotisme éloigne de l'Internationale,

Beaucoup de patriotisme y ramène"

 Jean JAURÈS

Vive la Wallonie, libre, indépendante et républicaine !

 


AYANT RECU LA MÊME QUESTION VOICI MA  REPONSE SUR LA 1ère QUESTION

 

 

Objet : REPONSE A VOTRE QUESTION

 

Bonsoir,
 
Plus de belgique du tout et cinq entités souveraines de l'Europe Economique à savoir:
(par ordre d'importance):
Une République de Flandre indépendante.
Une République de Wallonie indépendante.
Une ville de Bruxelles Libre et Européenne au statut de région capitale Européenne.
Une Région Allemande de Wallonie, avec un statut de région souveraine d'Europe.
Un condominium des Fourons avec une gestion bilingue absolue (Flandres/Wallonie) et un droit renforcé des minorités.
A noter que dans cette perspective, il est souhaitable que les droits sociaux et médicaux des anciens belges soient préservés( ONP-INAMI-ONPTS-ONAFTS etc), c'est pourquoi des accord multilatéraux devront être adoptés et organisés afin de  prévoir un maintien des droits précédemment acquits, par une gestion commune des droits et des bénéfices sociaux correspondants aux cotisations des intéressés, pour la suite, le financement étant assuré par les paiements par chaque entité au prorata des populations et des revenus de celle-ci  par un système basé sur la solidarité et la répartition proportionnelle des richesses générées.
 
Pour d'autres matières, je pense que la situation actuelle semble se dessiner pour des alliances entres Bruxelles, Wallonie et région Allemande, qui si elle se concrétise pourrait alors amener cette  nouvelle zone comme la plus porteuse de  l'ancienne belgique avec un PIB de loin supérieur à la Flandre, et peser d'un poids politique bien supérieur aussi avec la place forte de Bruxelles capitale européenne.
 
Dans cette guerre que veut la flandre, elle risque d'y perdre bien plus que d'y gagner, car avec un gros 10% de néerlandophones recensés sur bruxelles(en baisse chaque année), comment peut elle encore croire qu'elle va garder bruxelles comme capitale flamande? C'est surréaliste et le moment venu personne ailleurs qu'en flandres ne pourra rester sur cette idée...
 
Voilà ce que je penses et souhaite pour l'avenir de cette Belgique qui pour moi n'a jamais  été un "pays" au sens ethnologique et anthropologique du terme, mais tout au plus un "Etat" artificiel fabriqué par le puissances européennes du début du 19ème siècle et qui ne doit sa richesse qu'à une exploitation scandaleuse de l'ex congo belge par Léopold II, Vandervelde n'avait-il pas surnommé le cinquantenaire "L'arche des mains coupées" mais de cela personne encore en Belgique n'ose vraiment en parler.
J'espère que vous oserez publier in extenso mon propos car je ne crois pas que vous aurez beaucoup de solutions comme celle qui y est exposée, mais je pense que cela doit être porté à la connaissance de vos visiteurs sur la toile.
 
Pierre DUTRON  Président du RPW

 

AYANT  RECU LUI AUSSI CETTE QUESTION VOICI LA REPONSE DE GUY DUTRON

POUR  « LE COQUELICOT DU HAINAUT »  GAUCHE ALTERNATIVE DU HAINAUT (AVESNOIS – CAMBRAISIS)

 

Bonsoir Monsieur,

Je ne sais pourquoi vous m'interrogez.
Certes j'ai signé l'appel des Etats généraux de Wallonie, par solidarité Wallonne surtout.

Je suis militant politique en Wallonie Française : Le Hainaut français.  Je suis aussi économiste, militant syndical SOLIDAIRES, écrivain, j'aime l'histoire (voir mes livres qui sortent dans ma signature électronique) .....n'en jetons plus !!

Mon analyse de la Belgique, c'est qu'elle est, depuis l'origine  un pays artificiel.
Que toute son histoire : le XIX éme siècle de la grandeur wallonne, la guerre de 14, l'entre-deux guerre et l'émergence du nationalisme flamand, la guerre de 39-45, la question royale, les mentalités respectives et le rôle de l'église ....Je n'en finirais plus !!

Tout, à mon avis, a contribué à éloigner l'un de l'autre walons et flamands.
La vie politique belge avec ses travers, sa corruption, etc. ont également joué un rôle.

Je pense donc, après analyse de toutes ce données, que la solution efficace n'est ni un fédéralisme ni un confédéralisme mais une séparation avec une Flandre Indépendante et une Fédération Wallonie Bruxelles indépendante.

Les deux entités sont également viables dans une Europe Fédérale des Régions encore à construire.

De toute manière, après les NON français, néerlandais et Irlandais, l'Europe est en panne. Il faudra bien un jour se résoudre à "faire quelque chose" !!

C'est pour cette raison que nous avons publié, avec mon frère Pierre, président du Rassemblement Populaire Wallon un "Manifeste pour une Europe Fédérale des Régions" que vous pourrez lireen cliquant sur le lien ci-dessous qui vous permettra d'accéder au blog de notre collectif Gauche Alternative Sambre-Avesnois:


MANIFESTE EUROPÉEN POUR L’EUROPE FÉDÉRALE DES RÉGIONS L’EUROPE DE LA DECROISSANCE !

 

00:59 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/07/2008

LA VERITE EN FACE

UNE  PARTIE  DE PING  PONG  QUI  VAUT DE L’OR !!!

 

 

LE  16 JUILLET,  MILOU  RIKIR  REPOND   A  LA POSITION D’ECOLO

Objet : Bravo !


En très bref et en essayant de rester poli : arrêtez votre cinéma et sortez de vos bureaux bruxellois. Prenez enfin le pouls de vos Peuples !
Le cinéma belge est terminé. Cessez de vous prendre pour les derniers Belges et constatez ce que de plus en plus de Wallonnes et de Wallons sentent bien : le cadavre belge est puant et sa seule place est désormais au cimetière. Requiescat in pace (ceci dit pour tous les ex-PSC qui peuplent désormais vos assemblées)

-- Envoi via le site ECOLO

 

LE  24  JUILLET  IL  RECOIT  CETTE  REPONSE !!!

 

Monsieur Rikir,



Votre courriel du 16 juillet dernier relatif à la crise politique que connaît notre pays nous est bien parvenu et a retenu toute notre attention.



De façon plus générale, Ecolo et Groen! poursuivent leur collaboration constructive au sein de l’opposition afin de définir un nouvel équilibre institutionnel et de moderniser la Belgique fédérale. Cette collaboration ne date pas d’hier. En effet, bien avant les élections de juin dernier, Ecolo et Groen! s’étaient déjà rejoints pour lancer ensemble un appel à une Union nationale pour le Climat, convaincus que l’urgence se situe ailleurs que dans des querelles communautaires stériles.

Ainsi Ecolo et Groen! occupent une position particulière dans le paysage politique actuel et constituent les 2 seules formations politiques du Nord et du Sud à collaborer. Cette collaboration nous permet d’avancer sur les sujets pour lesquels nous sommes en phase (le réchauffement climatique) et de nous donner la chance de nous comprendre sur les sujets qui a priori nous séparent, comme la scission de BHV. Le résultat est qu’on nous progressons ensemble : Groen! soutient une circonscription fédérale pour notre pays, par exemple.



Ce n’est pas la position la plus confortable puisqu’elle nous amène à nous rapprocher alors que nos contextes politiques respectifs sont de plus en plus différents, mais nous y sommes attachés.

Pour toute information complémentaire, je vous invite à visiter régulièrement notre site internet www.ecolo.be où vous trouverez nos derniers communiqués
http://web4.ecolo.be/spip.php?article845 ou à consulter notre programme http://web4.ecolo.be/spip.php?rubrique70.

Je vous prie de recevoir, Monsieur Rikir, l’expression de mes sentiments les meilleurs.


Laurent COLLET
Attaché au Secrétariat fédéral d’Ecolo

ET  LE  MÊME  JOUR  IL  LEUR  REPOND  CELA

 

Cher concitoyen,

 

(Puisque vous fûtes conseiller communal en notre ville, ndlr ils sont tous les deux de la ville de HUY).

 

Je ne pouvais m'attendre, cela va de soi, à une réponse moins langue de bois et style "refrain déjà entendu" de la part d'un représentant de la direction d'Ecolo, parti fondé notamment par des dissidents de l'ancien Rassemblement Wallon mais qui, manifestement, a bien oublié ses origines.

 

Mutatis mutandis, le langage qui est le vôtre est parfaitement le même que celui des libéraux (frankeûpheûnes, s'entend) depuis qu'ils sont tombés en Golie thatchérienne : tout est toujours plus important que les "querelles communautaires stériles", pour vous citer. En plus de vingt-cinq années de politique libérale pratiquée par tous les gouvernements de ce pays depuis l'entrée du PRL au gouvernement en 1981, c'est effectivement ce que les Wallonnes et les Wallons sont obligés d'entendre et de ré-entendre. L'économie, le social (et maintenant, avec vous, l'écologie) sont bien plus importants que n'importe quelle question faussement appelée "communautaire". Au nom de ces beaux principes, des tonnes de législation, de réglementations et de jurisprudence se sont abattus sur les Peuples de ce royaume (remarquez que je n'écris certes pas "pays", comme vous le faites, la Belgique n'étant qu'un État) et, une simple analyse des faits oblige à constater que leur poids s'est tout particulièrement fait sentir en Wallonie, pour des raisons historiques et économiques évidentes. Le résultat très concret de toutes ces politiques, c'est que, dans ce royaume, une région – la Flandre – si certes elle subit aussi le poids de tout cela, mais partant d'une situation autrement privilégiée – a plus que la possibilité demain, si l'envie l'en prend, de partir sur de bonnes bases. À l'opposé, les deux autres auront d'autant plus de mal qu'au cours de ces plus de vingt-cinq ans, les diverses "compromissions historiques" dont ce royaume a la malheureuse habitude, faites systématiquement aux conditions du plus fort, rien ne leur aura été épargné. Voyez (votre ancienne ministre des communications devrait en savoir quelque chose, mais hors Schaerbeek et sa région bruxelloise, que connaît-elle à la Wallonie ?) comment la Flandre est quasiment parvenue à désertifier la Wallonie en matière de transports publics restés fédéraux (SNCB, que l'on ferait mieux de tout simplement appeler NMBS). Quand la Flandre obtiendra sa scission (elle le réclame depuis un certain temps et, sauf à faire l'autruche, l'on sait que ce qu'elle réclame, elle finit toujours par l'obtenir dans le cadre d'un accord de la St-Machin), ce le sera à ses conditions et après avoir tout fait pour que la situation du rail en Flandre soit le plus favorable possible par rapport à ce qu'elle sera en Wallonie et à Bruxelles. Combien de gares, d'arrêts, voire de lignes supprimés encore vous faudra-t-il avant de comprendre ?

 

Et ce qui est valable pour la SNCB l'est tout autant pour quantité d'autres questions bien pratiques (pas des "querelles communautaires stériles") qui font tout simplement la vie quotidienne des gens de NOTRE pays, la Wallonie. Toutes ces questions, c'est de l'argent, ce sont des emplois, ce sont des gens, ce sont des vies. Alors, je vous en prie, cessez ce discours benêt, style "loyauté fédérale" tout juste bon à endormir notre Peuple. C'est bien de son sort très concret qu'il est question, au delà du cirque médiatique "communautaire".

 

En quoi la Belgique constitue-t-elle encore un "plus", comme nous le matraquent certains "frankeûpheûnes" ? La seule solution de courage et d'avenir, c'est de s'assumer. Cela veut dire qu'aux partenaires flamands, il faut dire "top là" et organiser, dans des délais brefs, une prise d'indépendance réciproque. Que chacun se gouverne chez soi, au sein de l'Union européenne, et il ne sera plus question de gémir à longueur d'années, que si cela va mal, c'est la faute à l'autre. Les dirigeants de la Flandre n'auront plus l'excuse de proclamer à leur Peuple que tout va mal à cause des Wallons ; ceux de la Wallonie n'auront plus l'occasion d'attribuer tous leurs râtés à la mauvaise volonté flamande. Voilà la solution du courage politique. Même forcés comme ils le furent par l'arrogance tchèque, nos soeurs et frères de Slovaquie ont relevé ce genre dé défi. Ce ne fut pas aisé, ce ne l'est toujours pas. Il y a eu bien des erreurs, voire des dévoiements commis dans ce pays depuis 1993. Mais toujours est-il que ce petit pays, en beaucoup de points comparables à la Wallonie, va entrer le 1er janvier prochain dans la zone Euro. Beaucoup – avec les mêmes mots que nous entendons ici dans la bouche de nos "frankeûpheûnes", dont Ecolo paraît être malheureusement un très brillant exemple – promettaient à ce petit pays du sang, des larmes et, au final, la banqueroute.

 

Jouer la peur est la plus scandaleuse des politiques. Elle est le fait ou des opportunistes les plus plats ou des peureux les plus abjects. Je laisse à votre parti le choix de la catégorie dans laquelle il se place. Mais vous êtes sans aucun doute actuellement parmi les pires ennemis du Peuple que vous prétendez représenter. Vous me voyez d'autant plus désolé de vous le dire que, historiquement, j'aurais tout pour me sentir proche de vous. Ancien co-fondateur du groupement régional antinucléaire Huy-Tihange, j'ai milité longtemps et suis resté ami de gens qui sont ou ont été chez vous. Je ne citerai que Gérard André (Huy) ou Gabriel Liégeois (Ouffet). J'ai même – aux communales et aux provinciales – voté au moins une fois pour votre parti (devant le désert ou l'abject représentés par les partis traditionnels du coin). Mais vraiment, toute votre tactique actuelle est – veuillez m'excuser le terme – à vomir.

 

Je vous prie d'agréer, Cher Concitoyen, mes salutations wallonnes et républicaines les plus urbaines,

 

Milou (Émile) Rikir

Ancien Secrétaire parlementaire  R.P.W.

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"Un peu d'internationalisme éloigne de la Patrie,

Beaucoup d'internationalisme y ramène.

Un peu de patriotisme éloigne de l'Internationale,

Beaucoup de patriotisme y ramène"

 Jean JAURÈS

Vive la Wallonie, libre, indépendante et républicaine !

 

 

Merci, mon cher Milou, heureusement que nous avons çà et là des militants, que dis-je, des citoyens lucides et intransigeants quand il s’agit de nos valeurs fondamentales.

Merci pour cette bouffée de fraîcheur qui fait du bien quand on la lit et qui réjouit quand on imagine la tête des destinataires.

Tes écrits, tes pensées dans notre période agitée  seront toujours les bienvenus sur notre « réseau RPW » et j’incite les autres blogs à ajouter ce qui précède  à leur production propre.

Salut et fraternité.

Pierre DUTRON   RPW

 

18:03 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/07/2008

DE LALOUVESC AU MAI

Pendant la fin de semaine prolongée du 01 mai


un "mouvement altermondialiste internationaliste ", nouveau mouvement politique est né

à Séné dans le Morbihan.

 

 

Il s’agit d’un mouvement pour la convergence des alternatives à la globalisation et pour la sortie du productivisme qui a été baptisé MAI.

Nos statuts (bientôt déposés dans l’Hérault), nous ont permis de choisir un collège d’animation composé de 9 personnes et 3 "veilleurs" sur le principe mixte du tirage au sort et du vote.

 

Cette création est l’aboutissement de nombreuses rencontres entre des citoyens dont la plupart ont participé ou soutenu, pendant la campagne présidentielle, la candidature de J Bové. Après le grand rassemblement du Larzac, le NON au TCE et les dernières compagnes électorales, nous savions qu’il fallait exister et construire à long terme dans le champ politique.

L’enthousiasme des idées et les multiples rencontres faites pendant les meetings et les distributions de tracts nous ont décidé à créer un mouvement politique composé de sans-étiquettes, d’alters, d’écolos, de décroissants et peut-être d’autres qui voudront venir.

 

Nous aimerions d’ailleurs que la classification alters soit agréée au ministère de l’intérieur pour ne pas disparaître sous l’appellation "divers gauche" ni extrême-gauche comme lors des municipales 2008.

Notre mouvement est à la fois un mouvement d’élaboration d’idées, d’actions, de combats et de participation électorale. Il n’est donc pas figé, de nombreux débats s’y déroulent. Vous ne verrez pas de noms connus du public parmi nous car nous ne construisons pas par le haut mais par le bas.

Notre manifeste de La Louvesc (27-28 Octobre 2007) décrit, dans un langage simple, l’ambition qui nous anime.

 

Notre état d’esprit peut nous faire revendiquer la signification chinoise de la sonorité du mot Mai, la voie. Mai c’est aussi "fais ce qu’il te plaît"," matières à inventer", "mouvement altermondialiste iconoclaste", etc. L’essentiel étant de décoloniser l’imaginaire et de sortir des modes de pensée dominants.

 
  • Remettre l’économie au service de l’homme,
  • stimuler la réappropriation par tous du champ politique,
  • contribuer à la mise en œuvre d’alternatives concrètes,
  • impulser, soutenir et favoriser la convergence des luttes sociales et écologiques,
voici l’esquisse du projet politique que nous voulons construire avec tous ceux qui pensent que des alternatives existent maintenant, ailleurs, ici, autrement afin que demain soit encore riche de sens.

Le MAI est en cours de constitution : suite au dépôt des statuts, un site web va bientôt être mis en ligne.

 

contact : collegemai@googlegroups.com

 

Contact Hérault : alter.34@free.fr

 

Contact Roumanie : colau3571833@hotmail.com

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MANIFESTE DE BASE DE LA FORMATION DU MAI

MANIFESTE  DE LA  LOUVESC   

 

 

Manifeste rédigé collectivement à l’occasion des rencontres de Lalouvesc (07) du 27 au 29 octobre 2007.

  

2% des personnes possèdent 50% des richesses mondiales !

 

Il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini !

 

La croissance n’est pas la solution mais bien le problème.

 

Nous détruisons notre milieu naturel, les liens sociaux et les valeurs humaines. Le système dominant, mondialisé, profondément inégalitaire et destructeur qui nous entraîne n’est pas le seul possible et imaginable.

 

Nous avons plus de pouvoir d’action que nous ne le croyons. Sortons de la tristesse de l’impuissance !

 

Quelle est notre situation actuelle ?

 

La majorité de la population mondiale est aujourd’hui poussée à vivre en ville. Beaucoup d’entre nous croient ne plus avoir d’autres choix ni les moyens d’éviter les circuits de grande distribution pour subvenir aux besoins de leur famille.

 

Manger des produits qui ont déjà fait plusieurs fois le tour du monde entretient le système de domination alimentaire, social, technique et écologique, alors que 80% de la population mondiale rurale est en situation de disette chronique.

 

Notre vie quotidienne n’est-elle pas colonisée par de pseudo-produits censés satisfaire de faux besoins et apaiser nos angoisses ?

 

La société de consommation nous inculque quotidiennement l’acte d’achat comme équivalent du bonheur.

 

L’acceptation de l’ordre établi, la résignation pour ramasser quelques miettes ne sont pas une fatalité.

 

Nous sommes capables d’imaginer un monde solidaire, de partage dans un environnement sain, fondé sur le bien-être et la dignité de chaque individu.

 

La société dans laquelle nous vivons est présentée comme seule alternative par un petit nombre de personnes qui dirigent le monde et orientent nos choix aux bénéfices exclusifs de leurs propres privilèges. Ils utilisent pour cela les grands médias, presse, télévision, instituts de sondage, experts, réseaux de distribution et de répression dont ils sont les propriétaires.

 

A cette société dans laquelle la course aux profits monétaires détruit les grands équilibres écologiques et sociaux, nous répondons : « Assez de surexploitation ! » et « partage concerté des biens communs ! ».

 

A cette société qui développe des politiques chaque jour plus répressives et sécuritaires, nous répondons « Liberté ! ».

 

Libertés de penser, de s’exprimer, d’agir et de se déplacer, égalité de droits pour toutes et tous, solidarité, justice et fraternité.

 

A une société qui éloigne chaque jour davantage la population des centres de décision , nous répondons : débats citoyens et référendum d’initiative populaire, prises de décisions avec les budgets correspondants, à l’échelle locale adéquate ( quartiers, communes, agglomérations, régions...), contrôle des élus et mise en place de réels contre-pouvoirs.

 

Tout ceci est réalisable si chacun prend en main sa propre vie.

 
  • Aux structures politiques dirigées par des élites professionnalisées, nous opposons une réelle démocratie, une structure non hiérarchisée où les élus seront contrôlés et révocables, où les mandats seront courts, non renouvelables et non cumulables.
 
  • A un monde où seul le travail aliéné est rémunéré, nous opposons un revenu garanti pour tous, la sortie du tout monétaire, la sortie du productivisme, travailler moins pour vivre mieux.
 
  • Au modèle économique actuel qui soumet les peuples et la planète à sa loi, celle des profits monétaires, nous combattons pour les solidarités sociales, internationales et les équilibres écologiques.
 
  • A un monde soumis aux technologies agressives : nucléaire, OGM, pesticides, nanotechnologies..., nous opposons le principe de précaution.
 
  • Aux guerres pour l’appropriation des richesses, nous opposons partage, paix et respect des peuples.
 

D’autres sociétés sont possibles. Nous avons l’ambition de les mettre en œuvre.

 

Nous nous engageons dans un mouvement de rupture dans lequel nous sommes souverains pour construire une société digne de l’humanité. Nous ne partons pas de rien. Des expériences du bien vivre ensemble existent déjà à travers le monde, et ça marche ! De multiples chantiers sont encore à inventer, expérimenter, approfondir.

 

Nous créons un mouvement qui ne sera pas comme les partis.

 

Un mouvement capable de s’appliquer à lui-même le processus démocratique qu’il suggère pour la Cité. Un mouvement qui tiendrait plus au contrôle de tous les pouvoirs (y compris le sien) qu’à son propre pouvoir.

 

Nous, citoyens réunis à Lalouvesc les 27 et 28 octobre 2007, lançons cet appel, cette aventure que nous voulons vivante, riche de nos différences, porteuse d’avenir pour nous et nos enfants.

 

Nous vous invitons à la partager !

 

Au grand soir, nous préférons pleins de petits matins. Notre force sera notre nombre et notre diversité.

 

Des citoyens du monde

 

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16/02/2008

 

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 agirdelavoix

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« A l’attention de celles et ceux qui pensent que le clivage gauche-droite est dépassé. A l’attention des modérés, des centristes dissimulés et des progressistes autoproclamés. A l’attention de ceux qui se réclament de la gauche sans jamais dans leur actes ni dans la politique qu’ils mènent justifier cette qualité. A l’attention de Ségolène et de Nicolas, de Joëlle et de Jean-Michel, d’Elio et de Johan. Voici quelques lignes pour dire qu’être de gauche au XXIe siècle, dans son idéologie comme dans sa pratique, cela a du sens, que cela est moderne et que surtout cela est vital. »

 

Une tendance lourde

 

Un peu partout fleurissent les discours déclarant que le clivage gauche-droite est dépassé.

 

Il est des écologistes pour penser que la dimension environnementale de l’alternative transcende ce clivage, des sociaux démocrates tellement rôdés à appliquer des politiques néolibérales qu’ils en viennent à parler de troisième voie. Ce discours est pour eux l’occasion de ne pas nommer une conversion aux logiques droitières.

 

Ce discours est tenu également par des gens de droite (voir de l’extrême droite) qui sèment le trouble comme Jean-Marie Le Pen citant Gramsci ou Nicolas Sarkozy invoquant des penseurs de gauche ou faisant lire le militant communiste Guy Môquet. La vérité est qu’ils exhument de façon sélective des bribes dénaturées de leur pensée. Mais leur objectif -brouiller les pistes- fonctionne plutôt bien.

 

La tristement immuable raison d’être de la gauche, ou quand le pessimisme de la raison rencontre l’optimisme de la volonté…

 

Les mots ont sans doute vieilli et la terminologie a été souvent dénaturée, pourtant, même au cœur de nos riches sociétés, il y a encore et toujours des inégalités, des exploiteurs et des exploités. La lutte des classes existe, même si les formes de la lutte et les caractéristiques des classes ont changé. C’est une réalité immuable, jamais dépassée jusqu’ici, qui donne sens à la notion de gauche et justifie à elle seule son combat.

 

Ce clivage à l’intérieur de chaque société, existe également entre les pays riches et ceux qui le sont moins ou pas. Il convient dès lors de refuser les nationalismes, d’être internationaliste et de cultiver, ici et partout, la fraternité. Comme l’écrit Raoul Marc Jennar, «  Jamais plus qu’aujourd’hui n’a été pertinent l’appel aux prolétaires de tous les pays à s’unir, même si la définition du prolétariat a quelque peu changé. ». C’est pourquoi il demeure essentiel de ressentir qu’aujourd’hui encore, ceux qui ne possèdent que leur force de travail, physique et/ou intellectuelle, n’ont d’autre patrie que leur propre condition.

 

Concrètement au XXIe siècle, être de gauche c’est …

 

Etre de gauche recoupe une palette de positionnements en vue de contrer les inégalités et de protéger celles et ceux que le système exploite, exclut et précarise. On peut dire d’une politique qu’elle est de gauche lorsqu’elle œuvre concrètement à diminuer l’écart entre les plus pauvres et les plus riches ce qui nécessite une opposition franche à la logique de l’économie de marché libre et non faussée.

 

Etre de gauche c’est viser d’abord à la disparition des inégalités sociales qui explosent aujourd’hui entre sociétés et dans les sociétés. Il ne s’agit pas d’imposer une égalité « uniformisante », de nier les spécificités ou l’aspiration à des particularismes – qui peuvent nourrir l’individu et enrichir la société - mais bien de mettre fin à l’inégalité d’accès à toute une série de biens essentiels à la survie, au bien-être et à l’épanouissement (logement, soins, nourriture, culture, loisirs,…). «  de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », selon la célèbre formule des révolutionnaires du XIXème siècle, popularisée par K. Marx . Concrètement, être de gauche, c’est dès lors abroger fermement les lois iniques récemment imposées un peu partout à travers la planète et qui approfondissent les inégalités sociales. Elles concernent notamment le droit du travail et les retraites, la fiscalité, les politiques migratoires ou encore l’accès aux soins de santé.

 

Etre de gauche , c’est vouloir au minimum rééquilibrer la distribution des richesses entre le capital et le travail. En Belgique comme dans de nombreux pays, la part du capital, par rapport à celle des salaires, ne cesse de croitre dans le PIB sans qu’aucun gouvernement étiqueté « à gauche » ou « centre-gauche » ne stoppe cette logique. Dans le même temps, les politiques menées font baisser la part du capital dans les recettes de l’Etat.

 

Etre de gauche , c’est toujours privilégier l’intérêt collectif à l’intérêt particulier et en cela c’est définitivement reconnaître le nécessaire rôle de l’Etat ou d’une forme d’organisation collective à grande échelle, garant des droits et libertés, redistributeur, régulateur et planificateur essentiel au bénéfice de l’intérêt collectif face à la puissance économique. Via l’Etat, il s’agit dès lors soit de réguler le marché (actuellement outil de la logique capitaliste), soit de le circonscrire et de l’exclure de certains secteurs économiques (eau, énergie, transport,…), soit encore de purement et simplement viser à sa disparition. Par Etat, nous entendons ici un outil au service des décisions collectives avec des fonctions administratives, économiques, législatives et exécutives et non l’Etat en tant que force armée servant à la défense de privilèges et à la restriction de la sphère démocratique. Tout en maintenant une volonté d’équité sociale et écologique globale, cette logique inclut également la possibilité – et même la nécessité - d’initiatives locales, d’une grande décentralisation dans le fonctionnement et la gestion des outils publics, d’une autogestion des processus de production, et ce en vue de répondre au plus près aux besoins et réalités.

 

Etre de gauche , c’est ne pas marchander la solidarité au prix d’une liberté sans limite. Cela signifie-t-il que l’on veut brider la liberté individuelle ? Au contraire. Il s’agit toutefois de constater que la liberté individuelle pour s’épanouir et se généraliser réclame un contexte dans lequel la solidarité et l’intérêt collectif ne sont pas mis en péril. C’est pourquoi il faut d’abord s’assurer que les choix puissent se prendre après un juste débat d’idées, entre tous les citoyens et dans le cadre d’un objectif de solidarité, ce qui est aujourd’hui un leurre absolu. Il est clair, pour expliquer cela de façon imagée, que les renards et leurs amis qui se présentent aujourd’hui en défenseurs de la liberté nous prennent à vrai dire pour de la volaille écervelée car ils savent pertinemment que, vu le rapport de force actuel, nous ne sommes, le plus souvent, pas en mesure d’exercer celle-ci. Ils sèment également le doute car la liberté qu’ils réclament est avant tout celle du pouvoir économique vis-à-vis d’une tutelle démocratique et non celle des citoyens. D’ailleurs, la plupart des gouvernants « libéraux » - mais aussi sociaux-démocrates - attaquent parallèlement certaines libertés collectives (droit de grève, droit à la lutte sociale, droit des migrants,…). Un arsenal de lois liberticides est mis en place.

 

Etre de gauche , c’est étendre aussi aux générations futures la notion de solidarité. En cela, c’est se déclarer fondamentalement opposé à la logique productiviste actuelle qui menace lourdement les générations à venir en épuisant les ressources et en polluant la biosphère. Il faut stopper la prépondérance de la logique économique sur les considérations sociales et environnementales.

 

Etre de gauche , c’est prôner un Etat laïc et républicain par opposition à toute réflexion corporatiste privilégiant les droits associés à l’identification et à la classification des individus par leur appartenance. Il est ahurissant de voir des personnes se réclamant de la gauche défendre le régime archaïque de privilèges basé sur le sang que constitue la monarchie. La monarchie est une injure à la démocratie et à la modernité.

 

Etre de gauche , c’est revendiquer l’absolue égalité de droit entre les humains quelles que soient leurs origines, leurs appartenances sexuelles, leurs croyances et leurs coutumes, dans les limites de la loi républicaine et laïque. C’est ne pas revendiquer un mode de vie plutôt qu’un autre, c’est accepter et proclamer l’égalité de droit sans tenir compte des différences apparentes. Le nationalisme s’est aujourd’hui immiscé au cœur même de la social-démocratie. Il en va de même d’une certaine forme de racisme bon-teint.

 

Etre de gauche , c’est lutter contre l’uniformisation des médias instaurée par des intérêts privés brisant le débat démocratique et aboutissant à une manipulation destinée au pouvoir de quelques uns. C’est promouvoir les médias publics pluralistes et en exclure la publicité. C’est proposer une protection plus grande et spécifique des journalistes les rendant idéologiquement indépendant vis-à-vis des propriétaires des médias. L’actuelle concentration médiatique et la mainmise de grands patrons sur les médias constituent une grave menace pour la démocratie.

 

Etre de gauche c’est défendre un enseignement public de qualité, correctement financé et préservé de la sphère privée. C’est opter pour un enseignement qui forme des citoyens critiques et autonomes.

 

Etre de gauche , c’est privilégier le débat d’idées à la politique de l’image et aux coups de force médiatiques qui nivellent vers le bas et rendent la pratique politique lointaine et confuse, créant les conditions d’une démocratie privée de fond et mise en danger plutôt qu’une démarche d’élaboration collective et d’éducation permanente. Relayé par un clientélisme qui s’installe, le marketing politique prend aujourd’hui le pas sur tout débat d’idées ce qui ne peut que détruire à terme les aspirations de gauche.

 

Pour conclure

 

Comme souvent, il n’est pas inutile de replonger dans les classiques pour éclairer le présent. En 1848, Marx et Engels écrivaient ceci dans le Manifeste : «  la bourgeoisie (…) ne laisse subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme que le froid intérêt (…). Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises l’unique et impitoyable liberté du commerce. ».

 

Il n’est pas une virgule qui mérite d’être changée dans cette analyse. On aimerait dès lors que celles et ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs et que celles et ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient décidément plus.

 

Ce texte a reçu les signatures de :

 

 Jacques BRAIPSON (Vice-Président de la CGSP-RTBF Liège)
 Didier BRISSA (Militant éco-socialiste, UAG, ACC)
 Vladimir CALLER (Rédacteur au Drapeau Rouge, PC)
 Luc CREMER (Ancien conseiller provincial Ecolo)
 Jean CORNIL (Militant éco-socialiste, ancien sénateur PS)
 Jean-Maurice DEHOUSSE (Ancien Ministre PS, ancien Bourgmestre de Liège)
 Céline DELFORGE (Députée à la région bruxelloise, Ecolo)
 Julien DOHET (Historien, collectif Le Ressort)
 Pascal DURAND (Professeur d’Université)
 Pierre EYBEN (Militant éco-socialiste, Secr. Politique Fédération de Liège du PC)
 Guy FAYS (Secrétaire régional de la FGTB Namur)
 Marc GOBLET (Président de la FGTB Liège-Huy-Waremme)
 Nancy HARDY (Formatrice au PAC Ourthe-Amblève)
 Bahar KIMYONGUR (Militant de gauche, membre du CLEA)
 Madeleine MAIRLOT (Enseignante, ex-conseillère communale à la Ville de Liège)
 Jean-Pierre MICHIELS (Prés.de l’Association Culturelle Joseph Jacquemotte)
 Jorge PALMA (Assistant à l’ULg)
 Christine PAGNOULLE (Présidente d’ATTAC-Liège, enseignante à ULg)
 Jean-François PONTEGNIE (Membre d’Une Autre Gauche)
 Madeleine PLOUHMANS (ATTAC Liège)
 Jean-Claude RENDA (Journaliste, président interrégional wallon de la CGSP-RTBF)
 Ataulfo RIERA (Secr. de rédaction du Mensuel "La Gauche", LCR-B)
 Jean-Claude RIGA (cinéaste)
 Alfonso SECONDINI (Ancien président d’ATTAC Verviers)
 Mauro SOLDANI (Réalisateur)
 Olivier STARQUIT (Altermondialiste, collectif Le Ressort)
 Pierre STASSART (Conseiller communal et Echevin PS à la Ville de Liège)
 Annick STEVENS (Professeur de Philosophie, ULg)

PUBLIE  EN  DEC  2006  CE TEXTE  A ETE LE MOTEUR DE CREATION DU MOUVEMENT "U.A.G." Une Autre Gauche, BON VENT DANS CETTE RECHERCHE DE LA VERITE

17:59 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/01/2008

LE MUR DE CRASH SE RAPPROCHE

Régulations des changes et réforme du Fonds monétaire international

 
 Par Dominique Taddéi Economiste,

 animateur du Forum de la gauche citoyenne
 24 janvier 2008

 



INTERVENTIONS. La crise des "subprimes" génère désormais une crise financière globale, nouvelle illustration du caractère insoutenable du processus actuel de mondialisation. Dominique Taddei, économiste et animateur du Forum de la gauche citoyenne, expose ici plusieurs pistes pour une régulation internationale. 

Le risque d’effondrement brutal du dollar est devant nous, s’il ne s’est pas encore produit avant que cet article ne soit diffusé. Ce risque existe de fait depuis la création de l’euro, puisqu’il est logique que tous ceux qui détenaient jusque-là la seule monnaie clé diversifient désormais leurs actifs, en vendant de la monnaie américaine pour acheter de la nouvelle monnaie européenne. Longtemps, ce risque a été contenu : la nouvelle monnaie n’était pas encore crédible ; les performances macroéconomiques américaines étaient meilleures. Mais maintenant que l’incontinence de la politique de Washington devient évidente pour tous, un affaiblissement considérable du dollar est inéluctable et il risque même de prendre l’allure d’une débâcle, si la spéculation financière se déplace des cibles qu’elle a saturées (immobilier, actions, matières premières, etc.) vers les marchés des changes ; elle aurait d’ailleurs de bonnes raisons pour le faire, en observant le retard des réactions des principales autorités monétaires, qui interviennent toujours trop tard et d’une façon totalement cacophonique : la Fed (Federal Reserve Board américain) finit toujours par sur-réagir, quand la Banque centrale européenne sous-emploie en permanence ses moyens d’intervention, comme tétanisée par son idéologie monétariste et les contradictions de ses membres. Personne ne peut se satisfaire de l’aggravation des désordres en cours, sauf à tomber dans l’irresponsabilité des politiques du pire : il nous faut donc, en tant que citoyens actifs, ne pas nous contenter de résister, mais être capables de proposer ; ne plus chercher à nous réchauffer entre nous, mais analyser froidement les rapports de forces mondiaux et les alliances possibles ; ne plus nous contenter de nos légitimes luttes locales, mais nous mêler de la finance internationale. Le présent article essaie d’y contribuer. Une relative stabilité des taux de change entre les monnaies (autrement dit, une volatilité limitée entre elles) est unanimement reconnue comme nécessaire pour les échanges commerciaux et financiers. Dès lors que l’instabilité s’avère particulièrement forte, la question se pose alors de savoir quels pays doivent intervenir sur un marché des changes, qui est aujourd’hui mondialisé, et dans quelles conditions.

Les régimes de change : de la théorie à la réalité 

Dans la théorie standard, deux systèmes de change sont opposés de façon bipolaire : - le système de change fixe conduit les autorités monétaires d’un pays (gouvernement et/ou banque centrale) à acheter ou vendre sa monnaie contre des monnaies étrangères, de façon à équilibrer les quantités offertes et demandées de sa monnaie, au prix (taux de change) préétabli. - le système de change flottant ou flexible, dans lequel les autorités monétaires n’interviennent pas et où le taux de change varie au gré des opérations, commerciales et surtout financières, de tous les agents nationaux ou étrangers à la zone monétaire considérée. Les régimes de change historiquement constitués sont toujours moins caricaturaux que les systèmes théoriques définis précédemment. Pour s’en tenir à l’essentiel :

 A) Les régimes de change fixe, qui ont prévalu après les accords de Bretton Woods (entre 1944 et 1971-73) et qui ont plus ou moins perduré entre pays européens jusqu’à la fin de 1998, comportaient deux éléments de variation : - en premier lieu, les taux de change étaient « ajustables » : c’est-à-dire qu’ils pouvaient être changés, normalement après une négociation, puisque le taux de change d’une monnaie dans une autre est à l’évidence logiquement l’inverse de celui de la seconde dans la première ; - en second lieu, une marge de fluctuation autour de la parité « fixe » de référence était admise pour limiter les interventions des autorités face à de (relativement) faibles variations de change.

Ainsi, de façon assez habituelle, on considérait que le taux de change était fixe, à 2, 5% près. Bien qu’il n’y ait pas plus de justification pour ce pourcentage qu’un autre, il comporte évidemment une différence de nature avec celui de plus ou moins 15%, qui, de guerre lasse, avait été adopté dans les années 90 entre les pays européens, candidats à la future monnaie unique. Sans forcer le trait, on peut considérer que le premier pourcentage définit un régime « quasi-fixe » et ajustable ; le second, un régime « quasi-flottant », qui a évidemment moins souvent besoin d’être ajusté.

B) Les régimes de change flottants, qui sont devenus prédominants entre les pays les plus développés depuis les années 70, n’interdisent pas les interventions des autorités monétaires. Déjà, celles-ci influencent les cours par leurs déclarations ; puis, des variations des taux d’intérêt à court terme, administrés par les banques centrales, peuvent espérer modifier les comportements de placements et, par là-même l’équilibre entre l’offre et la demande des différentes devises ;

 ensuite, des achats ou ventes ponctuels de devises peuvent être faits, sans aller jusqu’à garantir une parité donnée ;

enfin, dans les circonstances les plus difficiles, ces interventions peuvent être coordonnées, y compris entre pays haussiers et baissiers, soit lors d’une rencontre solennelle (conférences du Plaza Hotel et du Louvre, dans les années 80), soit par des communiqués communs ou similaires (en 2001, lorsque le jeune Euro, tombé aux alentours de 0,84 dollar, pouvait donner l’impression de s’effondrer) : l’expérience a d’ailleurs montré que ces interventions multilatérales avaient été efficaces. Il serait donc plus juste de parler de régimes de « change flottants et surveillés », pour décrire la réalité contemporaine entre les devises des pays les plus développés.

 En pratique, on comprend qu’il n’existe pas de différence essentielle entre un régime dit fixe, où une parité peut varier d’environ 30% (par exemple de moins 15% à plus 15%, autour de la parité « officielle »), sans assurer d’intervention des autorités monétaires, et un régime dit flottant, mais surveillé : il est même possible que les autorités monétaires interviennent, avant même qu’une fluctuation d’une telle ampleur soit constatée, rendant le second plus stable que le premier, en termes de variations observées ! Des économistes de tradition interventionniste peuvent même trouver une supériorité de principe au régime actuel, dans la mesure où l’incertitude créée par les autorités monétaires sur leurs seuils d’intervention complique la tache des spéculateurs, toujours avides de tester leurs capacités de résistance, quand on approche des seuils qu’elles sont obligées de défendre dans un régime de change fixe. La question essentielle est donc moins de savoir quel est le système de change de référence (fixe ou flexible) que de se demander si des interventions publiques peuvent être efficaces, quand la spéculation se déchaîne à propos d’une monnaie. 

Peut-on lutter contre la spéculation sur les devises ? 

L’argument le plus souvent avancé pour justifier l’absence totale d’intervention devant les fluctuations de marché repose sur la disparité des moyens disponibles entre d’une part les acteurs privés sur les marchés de devises et d’autre part les banques centrales. Ce constat d’impuissance doit être toutefois largement nuancé. D’un côté, les masses colossales des opérations spéculatives ne correspondent pas à un seul agent qui aurait un comportement homogène : ce n’est donc pas l’addition de ces transactions qui doit être faite, mais la soustraction entre ceux qui spéculent dans un sens et ceux qui spéculent dans l’autre : la question qui se pose aux autorités monétaires de l’ensemble des pays, car cette responsabilité ne peut être que partagée, est de ne pas laisser se développer une situation, où l’écart entre les agents haussiers et baissiers devient trop important ; de l’autre côté, ce qui est vrai d’un petit pays pauvre, l’est évidemment beaucoup moins d’un grand pays riche, ou a fortiori d’une coalition des banques centrales de toute une zone monétaire (il était plus facile d’attaquer l’escudo qu’aujourd’hui l’euro) ; enfin, et surtout, la nécessité d’assurer une contrepartie face à une poussée spéculative est certes limitée par les montants des réserves et des lignes de crédits disponibles d’une zone monétaire, dont la devise est attaquée à la baisse, serait-elle la zone euro ou même la zone dollar. Mais cette contrainte n’existe pas pour le pays ou la zone dont la monnaie est demandée et qui peut en créer autant que nécessaire : nous ne sommes plus à l’époque de la monnaie métallique et la seule limite à l’intervention de l’ensemble des autorités monétaires des pays « haussiers » est donc leur détermination politique. À cet égard, le Japon, la Chine et les autres pays émergents ont apporté depuis une dizaine d’années une démonstration évidente de leur capacité à offrir leur propre devise, au prix de leur choix, par création monétaire, maintenant ainsi une faible parité de leur monnaie. Les Américains et autres Européens ont beau crier qu’il s’agit là d’une solution artificielle, ils oublient tout simplement qu’il n’existe rien de « naturel » dans les mécanismes de change : elles sont toujours le produit historique de rapports géopolitiques. Le fait est donc démontré que les pays « haussiers », dont la devise est demandée, sous l’action des opérateurs privés, peuvent toujours décourager ceux-ci. A fortiori, une action concertée des autorités monétaires des autorités haussières et « baissières » est certaine d’être efficace. Bien entendu, les spéculateurs le savent fort bien. Autrement dit, il suffit d’une déclaration conjointe ou similaire des uns et des autres : les agents spéculateurs, pris en « cisaille » et peu désireux de perdre de l’argent, en continuant à prendre des positions à découvert, qui deviendraient trop risquées pour eux, se trouvent dissuadés. En d’autres termes, si une variation de changes est de nature purement spéculative, il n’y aura même pas besoin de fortes interventions des autorités monétaires pour y mettre fin. Par contre, s’il s’agit d’un mouvement affectant les fondements des économies considérées (par exemple, des variations rapides de la productivité), la variation ordonnée des parités est généralement préférable et n’obligera pas dans ce cas à engager des réserves importantes.

Sans doute n’est-il pas toujours aisé de juger de la part respective de ces deux types de mouvements. C’est pourquoi une coopération permanente entre les autorités de toutes les grandes zones est évidemment préférable à des initiatives « en catastrophe », dont la communication mal contrôlée peut s’avérer fortement contre-productive : par exemple, une annonce non crédible conduit les opérateurs à penser que la situation est encore pire que ce qu’ils anticipaient et les conduit à nourrir la spéculation en cours, ou à se détourner vers une autre…

Les pressions inflationnistes créées par la création de monnaie des pays excédentaires 

Un autre argument usuel pour justifier la passivité des autorités monétaires des pays excédentaires est d’affirmer que ces interventions seraient inflationnistes, puisqu’elles reposent sur une création ex nihilo de monnaie locale. Il faut à cet égard distinguer les risques internes et internationaux : on ne peut pas soutenir qu’un tel processus d’intervention par création monétaire soit à proprement parler inflationniste pour le pays concerné, dès lors qu’il choisit de « stériliser » les devises accumulées, c’est-à-dire ne les réinjecte pas dans sa propre économie : si ce risque d’inflation nationale existait (du fait, par exemple d’une défaillance du système de stérilisation), on l’aurait observé au Japon, qui ne cesse de pratiquer ce type d’intervention et qui demeure pourtant toujours au bord de la déflation, depuis maintenant près de 20 ans. Par contre, si cette politique d’intervention est poursuivie de manière systématique sur de longues périodes (5 ou 10 ans) par une partie importante de l’économie mondiale (pratiquement l’ensemble des pays émergents, en plus des pétromonarchies, du Japon et la Norvège), le danger inflationniste s’accroît effectivement, car la création monétaire supplémentaire qui en résulte à l’échelle de la planète, n’est pas spontanément en phase avec le développement des capacités productives, en particulier pour l’ensemble des produits de base (énergie, matières premières et produits alimentaires), et cela d’autant plus que les contraintes écologiques se font légitimement plus fortes. Comme on l’observe actuellement, il en résulte une inflation par excès de la demande mondiale, qui prend paradoxalement la forme d’une inflation par les coûts, pour chaque pays pris séparément, et qui est particulièrement dramatique dans les mégapoles des pays du sud. Mais cette inflation mondiale ne doit–elle pas être principalement imputée aux pays qui consomment trop (en particulier, les USA), plutôt qu’à ceux qui épargnent le plus (les pays émergents) ? Pour en discuter utilement, là encore, une véritable instance légitime de coordination mondiale s’impose.

La coordination des autorités monétaires des grandes zones est essentielle 

Le passage progressif d’un système monétaire et financier mono-stellaire, autour du dollar-soleil et le benign neglect méprisant qui l’accompagnait (« le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ») est aujourd’hui dépassé : Washington n’a plus les moyens, quel que soit son président, de se moquer d’un brutal décrochage du dollar. De facto, le système monétaire international est devenu de fait bi-stellaire, comme l’espéraient ceux qui militaient pour la création de l’euro [1] ; sans doute, une des deux étoiles demeure plus grosse que l’autre, mais c’est elle qui est aujourd’hui directement menacée, et qui nous menace évidemment par contre-coup. Mais surtout, ce système ne peut devenir que pluri-stellaire, car la solution ne peut simplement consister à faire payer les seuls européens pour les errements américains : il ne peut y avoir de solutions viables, qui n’associent la plus grande partie des grands pays excédentaires.  C’est pourquoi, l’ensemble des grandes économies émergentes et fortement excédentaires n’est pas le problème, mais une partie de la solution. Car, si les remèdes immédiats à la crise financière, comme la mise en œuvre de solutions pérennes, doivent être multilatéraux, une instance permanente de coordination s’impose à l’évidence. Il est à peine nécessaire d’ajouter que celle-ci sera d’autant plus efficace, qu’elle apparaîtra légitime.

Autrement dit, la gouvernance mondiale est ici directement questionnée et personne ne peut imaginer que la Chine, l’Inde ou même la Russie et les pétro-monarchies viennent partager le « fardeau de l’homme blanc », dans le cadre d’un G7, plus ou moins élargi, ou d’un FMI, se livrant à des réformes « cosmétiques ».

Un nouveau FMI, sous l’égide des Nations Unies 

Bien entendu, on peut imaginer pour la mise en place d’un nouveau régime de change régulé, impliquant les grandes zones monétaires, un nombre quasi indéfini de procédures pour y parvenir, puis d’instances pour appliquer les décisions qui en résulteraient. Pour frapper les esprits (mais est ce bien nécessaire dans un domaine où les crises de nerf des spéculateurs font plus de mal que de bien ?), on a pu évoquer un « nouveau Bretton Woods ». Toutefois, le critère de légitimité, considéré comme co-substantiel à celui d’efficacité, conduit à penser que la nouvelle instance devrait faire partie du système général des Nations Unies, pour au moins quatre raisons : 

- tous les pays du monde, grands et petits, riches ou pauvres, seraient concernés ; 

- les décisions monétaires ne seraient plus prises indépendamment de l’ensemble des autres politiques ;

 - ceci permettrait d’inscrire également dans ce nouveau cadre de légitimité internationale les autres instances économiques (Banque Mondiale, BRI, OMC) : devenus demandeurs, les « vainqueurs de 1944 » n’auraient plus les mêmes moyens de s’opposer à de réformes en profondeur, reflétant le nouvel état du monde ;

- cela donnerait ainsi du « grain à moudre » à la réforme même de l’ONU, dans son ensemble. Dans ce FMI nouvelle manière (en fait la question de savoir si on doit se servir de l’acquis de l’ancien ou faire une création ex nihilo est une question pragmatique, qui dépend logiquement de la capacité de coopération de la structure actuelle à son propre dépassement), la question du droit de vote est moins importante qu’on ne le croit parfois dans la mesure où le FMI ancien, ou nouveau, ne formule que très peu de décisions contraignantes.

La dimension consensuelle de son activité serait d’ailleurs renforcée, si son nouveau processus de délibération était relégitimé. De ce point de vue, il est évident qu’il ne peut plus obéir à sa pondération capitaliste d’origine, à la fois pour des raisons éthiques et pour des raisons pratiques (les modifications à apporter seraient trop importantes).

On peut penser qu’une pondération, révisable tous les 10 ans, en fonction d’un indicateur synthétique (par exemple celui de la CNUCED) devrait pouvoir être acceptée.

Au demeurant, la règle actuelle de majorité de 85% (fixée pour assurer le droit de veto aux seuls Etats-Unis) donnerait des pouvoirs de négociation équivalents à toutes les grandes zones du monde. 

Conclusion

Une telle transformation de l’ordre monétaire international ne sera pas consentie à froid par les USA de G. W. Bush, ni sans doute proposée par aucun de ses partenaires ; et à chaud, voire en catastrophe, la lucidité risque de manquer pour définir une coordination rationnelle du type de celle proposée ici, ou une autre de même esprit. Faut-il pour autant désespérer d’une nouvelle régulation monétaire mondiale ? Nous ne le pensons pas. La société civile internationale, et son aile la plus militante, le mouvement social mondial, qui se définit comme altermondialiste, doit s’emparer dès maintenant de ce sujet. Il peut trouver de nombreux alliés de la part de pays importants qui ne peuvent se satisfaire d’un désordre grandissant, qui risque de plus en plus de dégénérer en un conflit entre l’impérialisme anglo-saxon déclinant et les impérialismes émergents de la Chine et de la Russie, si fortement complémentaires : nous pensons à l’Inde, à l’Afrique du sud, au Brésil et, à nombre de pays arabes et, peut-on l’espérer, aux pays européens, qui ont décidé de créer une monnaie unique, et qui avaient su dire non pour l’essentiel à la guerre d’Irak. En actualisant ainsi ses analyses (nous ne sommes plus en 1998, au temps de l’hyper-puissance américaine, mais à celui du risque d’affrontement entre néo-impérialismes), le mouvement altermondialiste pourrait ainsi faire la démonstration qu’un autre monde est non seulement possible, mais aussi souhaitable, et pour tout dire, la crise s’aggravant, qu’il est de plus en plus nécessaire et urgent.

 
 Note[1] Mais qui ne partagent pas nécessairement la façon dont elle est gérée par les gouvernements concernés et la BCE


Pour joindre le Forum de la gauche citoyenne
19, rue d'Hauteville 75010 Paris

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05/01/2008

LA MACHINE A FRIC S'EMBALLE

LES USA DANS LA NASSE.

 LE RISQUE GEOPOLITIQUE  S'AGGRAVE.

 

La flambée des cours du pétrole tombe particulièrement mal pour une économie américaine déjà fragilisée par la crise de l'immobilier et où se multiplient les signes annonciateurs d'une récession. Le pétrole à 100 $ le baril, c’est plutôt une bonne nouvelle pour ceux qui défendent une économie « économe » des ressources naturelles mais nous devons aussi regarder le monde tel qu’il est.

 

Le jour même où les cours du pétrole franchissaient la barre des 100 dollars le baril à New York, des statistiques montraient que l'activité industrielle aux Etats-Unis avait reculé en décembre après dix mois de hausse.

 

"Une récession a commencé dans le secteur industriel et nous pensons que c'est le début d'une récession générale de l'économie au premier semestre 2008", a estimé Daniel Meckstroth, chef économiste de l'Alliance des industriels, MAPI. Et d'énumérer: "La chute de l'immobilier, la baisse de la production automobile, les prix record du pétrole et la crise du crédit sont assez de chocs pour provoquer l'arrêt de n'importe quel cycle économique."

 

Certains relativisent malgré tout l'impact du pétrole à 100 dollars. "Nous avons déjà atteint de tels niveaux en termes corrigés de l'inflation", rappelle Peter Morici, économiste à l'université du Maryland.

 

Au cours des dernières années, le prix du pétrole a passé des paliers successifs --50, 60 puis 80 dollars-- sans que cela fasse dérailler la première économie mondiale, qui a beaucoup accru sa résistance: le pays s'est enrichi, la part du pétrole dans les dépenses a baissé, et de gros progrès ont été faits pour économiser cette énergie, ajoute-t-il.

 

La pilule sera-t-elle aussi facile à avaler cette fois? Beaucoup en doutent et moi le premier !

 

"Beaucoup de gens ont été surpris par la résistance de l'économie ces dernières années", estime John Irons, directeur des recherche à l'Economic Policy Institute.

 

La différence cette fois est que "nous avançons en territoire inconnu", du fait de la décélération de l'économie.

 

Si les cours redescendent rapidement, les dégâts seront peut-être limités.

 

Mais s'ils se maintiennent à 95-100 dollars, cela constitue une vraie menace, car cela amputerait la croissance d'un point ou plus au cours de l'année à venir.

 

L'économie américaine souffre à tous les niveaux d'un pétrole cher: à la fois du côté des entreprises, qui voient grimper les coûts de transport, et du côté des consommateurs, qui prennent de plein fouet la hausse des prix de l'essence et celle du fuel de chauffage.

 

Les ménages les plus modestes, ceux qui dépensent l'intégralité de leur paie, sont généralement les premiers à pâtir de la situation.

 

Les répercussions sur l'économie sont directes, car la consommation est de loin le premier moteur de la croissance américaine. Déjà, il s'avère que les achats pour les fêtes de fin d'année auront, au mieux, été en demi-teinte.

 

"Dans le passé, l'économie s'est toujours remise des hausses du coût du pétrole, après un passage à vide. Mais il y a des risques de ralentissement plus fondamental" aujourd'hui, note Ethan Harris, chef économiste de Lehman Brothers, un orfèvre en la matière vues les activités de son Etablissement. "Il faut du temps pour ralentir le consommateur américain, mais ces chocs pourraient être assez importants pour y parvenir", avertit-il.

 

Mais qu'on se dirige vers le scénario d'une récession ou d'un ralentissement marqué, aucun n'est agréable, estime pour sa part M. Irons.

 

"Le scénario le plus probable est celui d'un ralentissement, mais cela pourrait, à plusieurs titres, causer autant de torts qu'une récession officielle", ajoute-t-il.

 

Pour les analystes, l'incontestable ralentissement de l'économie accroît la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle baisse ses taux.

 

"Nous pensions jusqu'à présent qu'elle allait maintenir le statu-quo compte-tenu de sa réticence à assouplir le loyer de l'argent, mais le scénario d'une baisse des taux à la fin du mois a considérablement gagné en crédibilité après ces chiffres", estime Stephen Gallagher de la Société Générale.

 

Donc, les USA sont dans la nasse !!

Ils l’étaient déjà dans le cadre de la globalisation financière qui a permis le contrôle de pans significatifs de l’économie américainepar les pétrodollars et les dollars asiatiques. Elle a aussi permis la constitution des « trésors de guerre pharamineux en Chine, en Russie, en Corée et dans tout le sud-est asiatique.

Si les U.S.A sont contraints à une baisse des taux, cela ne fera qu’amplifier le multiplicateur d’investissement dont les « Fond Souverains » russes et asiatiques sont susceptibles de bénéficier et dont ils n’auraient même pas besoin en cas « d’agression financière »

           

Tout ceci dans un contexte de récession qui fragilise les « fleurons » de l’économie américaine et occidentale.

 

Le risque géopolitique :

 

            Tout ceci ne fait qu’aggraver les risques géopolitiques d’une économie mondiale dont le centre de gravité de la Finance internationale quitte le monde anglo-saxon pour l’Asie en y incluant sa partie Russe.

 

            Quand on sait, comme le notait déjà Tocqueville, que le seul ciment des USA, c’est l’argent, on mesure ce risque.

 

            Que va faire Kouchner au Pakistan ??? L’assurer de notre solidarité, comme le veut la communication officielle ?? Ne rien faire, faire de la figuration, comme le prétend ce jeune beau de Montebourg, toujours à l’affût d’un « coup médiatique » ou, plus prosaïquement, préparer la guerre dont ce crétin raffole !! Tout à sa phobie de donner des gages à la droite extrême qu’il a rejointe.

 

            Notre monde est un monde dangereux ; sa dangerosité s’accentue sous nos yeux. L’alter mondialisme devient plus urgent que jamais.

 

            Réfléchissons, certes, travaillons, mais, ne « pinaillons » pas trop ; nous sommes l’avenir mais, si nous nous divisons trop, il ne repassera peut-être pas les plats.

 Guy Dutron    02 – 01 - 2008

18:51 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/11/2007

EN DIRECT DU BLOG GAUCHE ALTERNATIVE HAINAUT SAMBRE-AVESNOIS

ECOLOGIE  OUI !!!ESCROLOGIE NON !!!

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Sus aux faux écolos !

 PAR David Leloupjeudi 29 novembre 2007

« Quatre ONG ont organisé un vote citoyen pour couronner, le 4 décembre, les plus scandaleuses pratiques de lobbying et « d’écoblanchiment » observées dans l’Union en 2007.Acheter des études scientifiques biaisées, financer secrètement des think tanks anarcho-capitalistes, se faire passer pour d’authentiques écologistes ou encore s’assurer un accès très privilégié auprès d’organes décisionnels de l’Union européenne…

Voici quelques-unes des pratiques de lobbying inavouables qui ont cours aujourd’hui dans la capitale de l’Europe. Afin de braquer les projecteurs sur ces méthodes peu orthodoxes, le « Prix du pire lobbying de l’Union européenne (UE) » a été lancé en 2005 à l’initiative de quatre ONG  scandalisées par le court-circuitage de la démocratie qui résulte de ces pratiques.

 Leur credo ? Montrer du doigt publiquement les mauvais élèves de la classe pour décourager ceux qui seraient tentés de leur emboîter le pas. « Ce prix montre aussi la nécessité d’une réglementation forte en matière de transparence et d’éthique du lobbying au sein de l’UE. Les citoyens européens ont le droit de savoir qui tente de faire pression sur les institutions européennes, au nom de qui, avec quel budget et à destination de quelles politiques », expliquent les associations, qui montrent elles-mêmes l’exemple sur leurs sites Internet respectifs en dévoilant leurs sources de financement et les montants perçus.

Shell se fait épingler pour une pub mensongère. CERLES/AFP

Le Prix du pire lobbying, cuvée 2007, sera décerné le 4 décembre prochain lors d’une cérémonie festive qui se tiendra à Bruxelles. Parmi les cinq nominés, le vicomte Étienne Davignon* a des allures de favori. Ancien vice-président de la Commission européenne, il est aujourd’hui conseiller spécial du commissaire au Développement, Louis Michel**, sur les questions de développement en Afrique. « Le problème, explique Christine Pohl, des Amis de la Terre, c’est que M. Davignon siège en même temps au conseil d’administration de Suez, multinationale qui cherche à s’ouvrir de nouveaux marchés dans les secteurs de l’eau et de l’énergie… en Afrique. » Un conflit d’intérêt présumé qui semble en tout cas ne déranger personne à Bruxelles…

Autre nominé de taille : le triumvirat germanique BMW-Daimler-Porsche, pour son lobbying intensif ­ chantage à l’emploi inclus ­ visant à miner et à retarder les objectifs européens de réduction des émissions de CO2 pour les nouvelles voitures.Les « outsiders » qui leur disputeront la palme sont le groupe pétrolier espagnol Repsol, stratège de la recherche européenne en matière d’agro carburants industriels, le cabinet Stewart, une agence de lobbying qui gère un faux think tank servant de façade aux adversaires du protocole de Kyoto, et l’Epaca, le lobby des lobbyistes européens, qui mène activement campagne contre la transparence financière du lobbying à Bruxelles souhaitée par le commissaire aux Affaires administratives et à la Lutte antifraude, Siim Kallas.

Cette année, un second trophée sera également décerné : le prix du pire « écoblanchiment ». L’objectif, ici, est de distinguer la plus culottée des opérations de com’ cherchant à faire passer des vessies polluantes pour des lanternes écologiques. Airbus est ainsi nominée pour une série de pubs où les silhouettes des avions sont parées de paysages idylliques suggérant que l’A380 est propre et écolo. Le géant anglo-néerlandais Shell se fait épingler pour une publicité suggérant que ses raffineries rejettent… des fleurs plutôt que de la fumée (pub que le gendarme de la publicité britannique vient d’ailleurs de condamner). Le numéro un mondial du pétrole, Exxon Mobil (Esso), doit quant à lui sa nomination à une campagne publicitaire dans laquelle il prétend réduire ses émissions de gaz à effet de serre alors que… son propre rapport 2006 d’« entreprise citoyenne » reconnaît qu’elles ont crû de façon spectaculaire ces quatre dernières années !En lice également pour la palme du « verdissement » : le lobby de l’industrie nucléaire allemand, qui se présente comme le « protecteur du climat » à coup de pleines pages achetées dans la presse, et le géant britannique de l’armement BAE Systems, qui cherche à se positionner sur le marché des armes « vertes » et a récemment fait la promo de ses « balles écologiques sans plomb »… Vu l’inexistence d’une presse d’investigation spécialisée dans les questions européennes, les dossiers montés par les organisateurs (disponibles sur le site www.worstlobby.eu) valent certainement le détour. Les motifs précis des nominations sont explicités, les logiques industrielles qui se trament en arrière-plan, décodées.

« Nous ne craignons pas la controverse, déclare Uri Mueller, de l’ONG Lobby Control. Nos dossiers reposent sur des bases factuelles solides. On ne peut donc pas nous attaquer en diffamation. Je pense d’ailleurs que ça se retournerait vite contre le nominé… »

Tout citoyen européen a pu voter via le site Internet de l’événement. L’an passé, près de 10 000 internautes ont joué le jeu. « Les dix nominés ont d’ores et déjà été conviés à la cérémonie du 4 décembre, précise Uri Mueller. Nous les avons également invités à réagir à leur nomination. Shell, le Cabinet Stewart et l’Epaca nous ont écrit pour contester celle-ci. Leurs lettres et nos réponses sont publiées sur le site Internet. » Les deux lauréats auront par ailleurs l’occasion de présenter leur point de vue sur scène lors de la cérémonie. Alors, viendront ? Viendront pas ? L’an passé, seul un représentant d’une DG nominée (l’équivalent européen d’un ministère) avait fait le déplacement… »  (extrait du journal politis…)

*Note du Blog 1 : le vicomte Davignon est aussi membre d’une foule de conseils d’administration et préside actuellement le « groupe de Bilderberg » : ce rassemblement des plus gros capitalistes de la planète qui prétend assurer la gouvernance du monde à la place des Etats qui, selon ces pleins aux as, sont, évidemment, « dépassés », surtout s’il leur arrive encore de mettre le moindre frein aux appétits gargantuesques de ces prédateurs professionnels de l’économie et de la finance. Ce groupe dont furent membres, au hasard, le réactionnaire José Manuel Barroso et un « gauchiste » bien de chez nous : Laurent Fabius en personne !!! Notre camarade Raoul-Marc Jennar nous a donné de précieuses informations sur ce sujet !!

** Note du blog 2 : Louis Michel, c’est l’ancien patron des Libéraux Francophones belges : du genre « agité du bocal », une sorte de petit Sarko avant la lettre sauf pour le physique !! Sa bedaine, une gidouille à la UBU, à elle seule, symbolise à merveille la prospérité des fortunes qu’il représente !!  

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23/10/2007

DU RIFIFI ENTRE CHIRAQUIENS ET SARKOZISTES

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APRES  UN PREMIER  REGLEMENT  DE COMPTE EN POLITIQUE, JACQOUILLE LA FRIPOUILLE ET SARKO/FACHO CONTINUENT LEUR LAVAGE DE LINGE SALE!!!!!!

En ma qualité d'ancien Secrétaire-Général de la CFDT de la Caisse des Dépôts et Consignations, alors seconde organisation de la place, je cède ici la parole à mon frère, animateur de la Gauche-Alternative anticapitaliste et antilibérale Sambre-Avesnois, vous verrez, à sa signature que lui aussi sait de quoi il parle...

"le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument"!!!

Une affaire d'Etat : l'intervention de la Caisse des dépôts dans le dossier EADS
Guy Dutron


Les responsables de la Caisse des dépôts (CDC) ont réaffirmé le mardi 2 octobre que le gouvernement n'avait pas autorisé ni même été "informé" de l'achat de titres EADS au printemps 2006, sans lever toutes les ambiguïtés sur le rôle de l'Etat dans cette opération controversée. La description, lors d'une audition devant la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, d'une telle étanchéité entre l'Etat et la Caisse des dépôts à propos d'une entreprise présentée comme stratégique, a semblé ne pas convaincre de nombreux députés. On le comprend aisément car, si la Caisse des dépôts est dotée d’un statut et d’un mode de gouvernance propres à garantir son autonomie, nul n’ignore qu’elle est « aux ordres » de l’Etat.


 


Le directeur financier de la CDC, Dominique Marcel, a affirmé que l'établissement public n'avait "jamais informé l'Etat" au sujet de l'acquisition de 2,25% du capital du groupe d'aéronautique et de défense. On aimerait le croire mais c’est irréaliste pour un investissement d’une telle importance : 600 millions d’€ qui pourrait générer 200 millions de perte financière. L’affirmation de D. Marcel a d’ailleurs été pour partie contredite par l'ancien président de la Commission de surveillance de la CDC, Philippe Auberger - qui doit connaître son sujet. Dans l'après-midi du même jour, Philippe Pontet, président de la Sogeade - la holding qui porte les actions de l'Etat et du groupe Lagardère dans le groupe EADS - a indiqué que l'Etat savait dès le 3 avril 2006 que des investisseurs institutionnels s'apprêtaient à reprendre tout ou partie des 7,5% d'EADS que Lagardère avait décidé de vendre. Quant à M. Breton, il avait affirmé la semaine dernière devant le Sénat avoir appris "par la presse" l'acquisition d'une partie d'entre eux par la CDC. Soyons heureux que le ministre lise la presse mais qui peut croire à ce mauvais feuilleton ? 


     
L'Autorité des marchés financiers (AMF) et la justice enquêtent sur un possible délit d'initiés commis par les principaux dirigeants et actionnaires privés d'EADS lors de la vente d'actions fin 2005-début 2006, avant l'annonce des graves difficultés du groupe qui avait fait plonger le titre en Bourse. Un autre ancien président de la Commission de surveillance, Pierre Hériaud, a révélé que le représentant de la direction du Trésor était resté "totalement muet" à l'évocation, a posteriori, de l'opération lors de réunions de la Commission de surveillance. Or le Trésor "participe toujours très activement aux commissions de surveillance", a souligné le député Jean-Pierre Balligand (PS). "Quand il ne parle pas, cela doit avoir une signification", a-t-il ajouté.

 


 
Il est vrai, qu’au sein de la commission de surveillance de la CDC, déclarations et silences sont soigneusement pesés mais nous aimerions aussi savoir ce que Jean-Pierre Balligand, lui-même ancien président de cette commission a dit ou fait. Mais, la charge la plus lourde est sans doute venue de Jean Arthuis, le très libéral président de la Commission des finances du Sénat, en termes courtois certes mais qui pèsent lourd. « D’un côté, on nous dit que l’Agence des participations de l’Etat était réservée sur ces opérations, de l’autre que la Caisse des Dépôts a acheté. Je voudrais savoir à quel moment elle a acheté, à quel prix et à quelles fins, et avec quel niveau d’information ».


 
Une manière de dire qu’il y avait là une Affaire d’Etat. Mais, même si cette affaire est une « affaire d’Etat », ce n’en est sûrement pas le seul aspect !!

 



EADS, c'est aussi l'histoire d'une guerre ouverte entre chiraquiens et sarkozystes


 
« Ils veulent ma tête ». Cette déclaration de l’actuel patron de la caisse des dépôts, Augustin de Romanet de Beaune, à un proche, vise notamment les sarkozystes. Nommé par Chirac début 2007 alors qu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée, et après avoir participé à moult cabinets ministériels dont les ministres étaient tous des représentants du courant le plus libéral, Romanet a particulièrement agacé Sarkosy en intégrant, cet été, neuf figures de la chiraquie finissante dans le giron de la « vieille dame ».


 
Autre souci pour Romanet, il se murmure que l’actuel secrétaire général adjoint de l’Élysée François Peyrol convoite ce poste prestigieux. Une commission de réforme des statuts de la caisse des dépôts planche d’ailleurs, en ce moment, sur une refonte des procédures de cette vénérable institution… Une façon discrète, mais un peu compliquée d’écarter Romanet au profit de Peyrol.


 
Par chance pour le camp sarkozyste, l’affaire EADS pourrait faciliter l’éviction de Romanet… collaborateur de Chirac début 2006 : Augustin de Romanet ne pouvait être tenu à l’écart des tractations entre la Caisse des dépôts et EADS dès avant sa nomination à la CDC, c’était un dossier qu’il suivait de près à l’époque. D’autant plus près que Maurice Gourdault Montagne, très proche conseiller de l’ancien chef de l’État, espérait être parachuté à la tête d’EADS.


 
Lors d’une récente réunion de cadres, Romanet, emporté par son lyrisme a déclaré : « La civilisation de l’instant gagne nos pouvoirs publics » ; et il a annoncé dans la foulée un plan stratégique « Élan 2020 » dans lequel certains ont vu une pierre jetée dans le jardin du sarkozysme ! S’il ne s’agissait que de pantouflage ou de combat des chefs, cette affaire ne mériterait même pas que l’on s’y attarde mais, il y a plus grave et des indices le montrent.


 
Les statuts des corps de catégorie A et B ont été récemment modifiés : ces personnels sont passés du statut de fonctionnaires interministériels à celui d’agents publics de l’Etablissement CDC. Par ailleurs, Christine Lagarde, emportée elle aussi mais par ses conceptions ultralibérales, a manifesté publiquement le souhait de casser le statut et la gouvernance actuelle de la CDC et c’est dans ce contexte qu’il faut resituer la fameuse commission de réforme qui travaille actuellement. La conjonction des luttes internes à l’UMP et de la doxa ultralibérale risquent bien d’aboutir à la casse du remarquable outil d’intervention de l’Etat que constitue la CDC. Certes, cet outil applique les orientations de l’Etat mais il agit sous un statut d’Etablissement Financier spécial placé sous la surveillance du Parlement, par le biais de sa Commission de surveillance où siègent trois députés et un sénateur. Deviendrait-il un simple rouage sans contrôle dans cette monocratie ?


 
Mais cette affaire ne révèle pas que cela : elle met en évidence des manquements personnels et collectifs et les dérives de la globalisation financière actuelle.


 

Même à supposer, ce que je ne crois pas un seul instant, que la Caisse eût pris cette décision toute seule, on ne peut que s’interroger sur le travail, préalable à tout investissement, des analystes et autres « asset managers ». Parce que les informations de la SOGEADE avaient bien été transmises à l’Etat et, tout simplement, parce que c’est la raison pour laquelle ils sont généralement extrêmement bien rémunérés.


 

A qui fera-t-on croire que le Directeur du Trésor, qui siège à la Commission de surveillance, n’en aurait rien dit à son ministre. Comme dirait Jean-Pierre Balligand, son silence voulait bien dire quelque chose, aujourd’hui, ce « silence » devient assourdissant. Mais surtout, cette affaire révèle aussi les pratiques de panurgisme en vigueur dans la gigantesque Bulle qu’est la globalisation financière mondiale. Ces pratiques qui conduisent et conduiront encore, outre le système lui-même, à d’autres crises.



A l’époque des faits, il était « très tendance » de considérer, dans ce « milieu » très fermé des analystes et « asset-managers » :


 - que l’action EADS était notoirement sous-évaluée par rapport à l’action Boeing. Lequel Boeing nous allions rattraper, voire même dépasser avec tous les bienfaits financiers que cela comportait ;


- que ladite action EADS ne pouvait donc guère que grimper sans qu’il fût besoin de pousser plus loin l’analyse et qu’il suffisait de se baisser pour ramasser le pactole. (C’est avec de tels raisonnements que dans notre système, où la financiarisation l’emporte - et de loin -  sur l’économie réelle, des crises financières comme celle des « subprime » ou celles qui suivront immanquablement peuvent naître et se propager) ;


- que quiconque dirait le contraire, notamment du côté de l’Agence des participations de l’Etat, ne serait qu’un petit esprit qui ne maîtrise pas l’analyse financière, comme les prestigieux analystes de la CDC ;


- que, de surcroît, le coup était prévu « entre amis » si influents comme vient de le sous-entendre  en termes choisis un ancien Directeur général de la Caisse des dépôts (1998-2002), Daniel Lebègue, qui s'est lui aussi dit "très surpris" par les propos de Thierry Breton. "Dans les procédures habituelles de la CDC que j'ai pratiquées, (...) le ministre et ses services auraient été mis dans la boucle (...) par rapport à une opération qui est vraiment inhabituelle par sa nature et son montant", a-t-il ainsi estimé.


 
Il y a donc bien eu des manquements individuels et collectifs à la CDC au nombre desquels il convient d’ajouter et de souligner la passivité des quatre parlementaires membres de la Commission de surveillance dont l’impérieuse mission et d’assurer le contrôle des activités de l’Etablissement financier CDC placé expressément sous le contrôle du Parlement. Ou ils n’ont rien vu, ou ils ont fermé les yeux : dans les deux cas, ils doivent partir (1).


 
Mme Lagarde peut bien réaffirmer, comme elle décrète la croissance, que : "Les services de mon ministère se sont acquittés de leur mission de la manière la plus professionnelle, de la façon la plus irréprochable", elle n’a pas pu éviter de montrer, sur la foi d’une enquête rapide de l’Inspection générale des finances que le cabinet du Ministre avait bien été informé dès le 21 février. Mme Lagarde ne fera croire à personne qu’il n’existe pas toute une chaîne de complicités, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, dans le processus de prise de décision qui a conduit la CDC  à perdre 200 millions d’€.



Dans une autre configuration que notre monocratie actuelle, dans la plus élémentaire démocratie, si quatre députés doivent partir, ils ne devraient pas être les seuls !


      
Guy Dutron
Administrateur civil retraité de la Caisse des dépôts, Membre du collectif d’animation du FGC, Militant SUD-CNP


 
Notes :
(1) Comme le dit le communiqué du FGC du 11 octobre 2007

 

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03/10/2007

LA VERITE SUR LES CHIFFRES

LA PLACE DE LA

WALLONIE

EN

EUROPE

De plus en plus, la Belgique se dirige vers une scission.Imaginons que la Wallonie devienne un Etat dans l’Union européenne.

 Des chiffres : L’Union européenne (27) :  494.296.878 habitants

La Wallonie : 3.413.000 habitants

Cela paraît vraiment peu représentatif, mais il faut comparer la Wallonie à d’autres petites nations comme : 

 

Pays - de 5.000.000 hab.HabitantsReprésentants au ParlementReprésentants au ConseilPIB2003 (25 pays)
Malte394.5835372.7
Luxembourg442.97264233.9
Bruxelles1.031.215  237.6
Estonie1.401.9456448.2
Chypre771.6576479.9
Slovénie2.011.0707476.0
Lettonie2.286.7009440.9
Wallonie3.413.00013785.0
Lituanie3.428.00013745.3
Irlande4.234.925137134.1

Nous sommes bien placé (4ème sur 10) parmi les petits, non ?15ème sur 27 au PIB que nous pouvons améliorer, par exemple en augmentant nos activités de services, c’est une piste.Combien de représentants au parlement et au conseil européen aurions-nous droit ?Au moins comme la Lituanie, non ? Soit 13/7. Bruxelles ? Capitale officielle de l’Union européenne ? Gérée par la Commission ?La Flandre comme le Danemark ? Soit 14/7.Bien sûr, il faudra augmenter le nombre total de représentants qui est aujourd’hui de 785 au parlement et 345 au conseil. Plus 3 au parlement et plus 2 au conseil, acceptable, non ?  Les nations moyennes : 

 

Pays - de10.000.000 hab.HabitantsReprésentants au ParlementReprésentants au ConseilPIB2003 (25 pays)
Finlande5.269.173147112.9
Slovaquie5.414.93714752.0
Danemark5.447.084147121.0
Flandre6.043.161147116.9
Bulgarie7.707.4951810 
Autriche8.150.8351810120.9
Suède9.103.5511910115.9

La Slovaquie loin en dessous de la Wallonie. Les nations comme la Belgique :   
Pays +/-10.000.000 hab.HabitantsReprésentants au ParlementReprésentants au ConseilPIB2003 (25 pays)
Hongrie9.981.334241259.3
Tchèquie10.287.189241267.8
Belgique10.584.5342412118.1
Portugal10.805.870241272.9
Grèce11.120.000241281.1

Ici aussi, nous voyons que nous dépassons les quatre pays, dont le Portugal et la Grèce, ce n’est pas mal quand même, non ?  Les grandes nations : 

 

Pays + de 15.000.000 hab.HabitantsReprésentants au ParlementReprésentants au ConseilPIB2003 (25 pays)
Pays-Bas16.334.3782713124.8
Roumanie22.272.0003514 
Pologne38.125.479542747.0
Espagne45.116.894542797.4
Royaume Uni59.911.5867829116.2
Italie59.131.2877829107.9
France64.102.0007829111.4
Allemagne82.400.9969929108.4

Pour le PIB : http://www.cesrw.be/usr/pdf%20publication/RSESW06annexe_statistique.pdf - Le PIB de la France m’interpelle, car il est inférieur à celui de la Belgique.Finalement serions-nous mieux en France qu’en Belgique qui a le 2ème PIB de ce groupe ? Sans doute pour les impôts, c’est vrai.- Mais devons-nous nier notre identité wallonne pour des sous, car elle existe cette identité, même si pour certains français et même belges de Tournai et de Bruxelles par exemple, il n’y en a pas. Même si il y a des identités sous-régionales comme les liégeois, les borains, les gaumais, …

- Pour ces esprits chagrins, je les invite à visiter l’encyclopédie Wikipédia, ils pourront y voir que la Wallonie existe bel et bien et que cette identité existe. Et, il n’y a pas que la langue qui fait l’identité, mais il faut signaler le Wikipédia en Wallon.José Fontaine et Stéphane Dohet ont réalisé un travail remarquable sur ce média pour présenter au monde notre Wallonie.

Et, « on » leur a mis beaucoup de bâtons dans les roues pour les empêcher de réaliser ce travail.-

Et, qu’apporterait la Wallonie à la France ?

Du point de vue représentation dans l’Union européenne, que gagnerait la France en se rattachant la Wallonie ?Elle passerait devant l’Italie et le Royaume Uni avec quelques représentants en plus au parlement européen, ça lui rapporte quoi ? Devenir la 2ème nation de l’Union européenne ?Qu’en penseraient justement le Royaume Uni et l’Italie ?- Du point de vue régionaliste, la Wallonie, en tant que telle, rattachée à la France, risque d’apporter des problèmes régionalistes justement, comme la Bretagne, le Pays Basque, la Corse, et ... L’intérêt de la France est certainement de diviser la Wallonie en 5 départements pour éviter ces problèmes. Est-ce cela que nous voulons, nous wallons, nous diviser entre liégeois, namurois, luxembourgeois, montois, tournaisiens, athois, brabançons, hesbignons, condruziens, en veux-tu, en voilà, ou même en cinq départements, en fait les cinq provinces actuelles.

Beaucoup sont d’accord pour dire que les provinces c’est obsolète, va-t-on les remettre au niveau supérieur ?  NON, et encore NON. 

 Pour conclure, il est vraiment urgent que les politiques wallons créent une commission des sages, avec des économistes, des spécialistes en politique, des entrepreneurs pour examiner sérieusement la situation future de notre Région wallonne. Il y a des gens compétents en Wallonie, comme Paul Magnette (spécialiste en politique européenne), Eric Domb (UWE), …  Je suis fédéraliste depuis 1960, j’ai milité aux côtés de Freddy Terwagne, n’empêche, si le pays éclate, je vote pour l’autonomie de la Wallonie aux côtés de José Fontaine.

J’aime la France mais pas au point de devenir français. Je suis Wallon et je le reste.

Une Wallonie républicaine avec un Président élu au suffrage universel.

WALLONIE NATION D'EUROPE                                                                  Alex   REMACLE                                                                                    Citoyen de Wallonie.

12:34 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14/09/2007

UN VRAI JEU DE CONS

NOTRE MODELE FINANCIER ET ECONOMIQUE EST VOUE   A   DISPARAITRE !!!

  

Pourquoi notre système économique et financier, basé sur le papier-monnaie comme vecteur et le dollar comme dictateur, est-il voué  à disparaître?

  

La fonction principale de la finance est d’assurer le transfert de la « valeur » dans le temps.

  

En réalité, la finance ne fait que vendre, contre de la monnaie (qui, elle, donne droit à jouir immédiatement d’une part de la richesse produite aujourd’hui), un « droit » sur une part de la richesse qui sera produite dans le futur. Elle organise, jusqu’à leur échéance, la revente de ces droits et leur circulation.

  

Pourtant, ces droits sur la richesse future ne sont en réalité que des promesses et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit.

  

Rien, absolument rien, ne permet en effet d’en faire des droits sûrs, qui seront honorés quoi qu’il arrive dans le futur. Pour que notre « système » économico-financier basé sur une logique capitaliste « l’économie de marché » continue de fonctionner, nous sommes condamnés à faire confiance à ses acteurs, à leurs capacités à assumer la fonction principale : la promesse de transférer la richesse dans le temps », et à croître afin d’augmenter, à travers le temps, la valeur de cette richesse, quoi qu’il arrive.

  

En effet, les deux piliers du temple capitaliste sont la confiance et la croissance. Si l’un deux vient à faillir durablement, tout l’édifice s’écroule.

 

Après avoir défini l’objectif et les enjeux de ce « jeu de cons », expliquons-en les règles.

  

L’économie, c’est « assez compliqué », c’est plein de poudre aux yeux et d’idéologie, et le brave citoyen - à qui on n’a jamais appris comment ça fonctionne - ne peut que s’attarder à dénoncer des symptômes visibles comme les inégalités, le sous-emploi, la lourdeur de la réglementation, les faillites, la volatilité des marchés, le « twin deficit », les fraudes, etc. Il faut le faire, bien sûr, mais cela ne suffit évidemment pas.

  

On englobe tout ça dans le "système", sorte de grosse bestiole mythique, grâce auquel vit un microcosme impénétrable de fonctions à haute-valeur-inutile synthétisées sous le vocable ésotérique : la finance  et de l’économie de marché.

  

Pourtant, ce n’est pas si compliqué.

  

 Venez donc jouer au « Jeu de Cons » !!

   

La première chose à constater est que la fin du système est inscrite dans la logique même du système : le jeu de Monopoly a une fin et notre système économique a aussi une fin contrairement aux (vieux) cons de droite mais aussi de « gauche » qui nous assurent qu’il est unique, incontournable et indépassable !!!

 

Deuxièmement, que l’origine des symptômes réside dans le système de papier-monnaie qui régit le monde actuellement.

  

En bref, le seul problème économique, comme disait un chansonnier, c’est l’argent : « Cette sacré Non de Dieu de Bon Dieu de question d’Argent » !!

  

La manière la plus pédagogique d’expliquer le fonctionnement d’un système est souvent de jouer à un petit jeu. Appelons-le le « Jeu de Cons »,

  

D’abord le jeu à 2 cons.

  

Vous, vous êtes le banquier central, et votre ami Pierre est votre client. En tant que banquier central, vous émettez des billets de banque de la seule monnaie dont vous autorisiez la circulation : par exemple, vous appelez votre monnaie l’UDC (unité des cons). L’UDC, comme l’euro ou le dollar, ne sont bien sûr le substitut d’aucune richesse réelle. Y croire, c’est donc être un peu Con !!

  

Sur votre photocopieuse, vous fabriquez donc 100 billets de 1 UDC, que vous prêtez à Pierre pour une durée de 1 an, à un taux d’intérêt de 5% l’an. Après 1 an, Pierre doit donc vous rembourser 105 billets de 1 UDC.

  

La fausse monnaie étant interdite dans le jeu, à votre avis, comment Pierre fera-t-il pour trouver les 5 billets manquants ?

  

Car les 5 billets des intérêts, eh bien, ils n’existent pas !! Dès la première minute du jeu, Pierre est déjà insolvable : même s’il offre tous ses biens en échange des billets manquants, il ne les trouvera pas, puisqu’ils n’existent pas.

  

La seule manière pour que ce Con de Pierre puisse rembourser est que vous remettiez votre photocopieuse en route afin de lui prêter les 5 billets qui manquent. Naturellement, vous prêtez ces 5 billets toujours à du 5% l’an. Et s’il vous remet, cette année-là, les 105 billets, il n’y a plus aucun billet en circulation, alors que Pierre a toujours une dette. Les intérêts continueront donc à courir à l’infini. Et chaque année, vous serez obligé d’émettre de nouveaux billets que vous prêterez à Pierre, toujours aussi con, billets qu’il utilisera pour vous payer les intérêts échus. La dette de Pierre s’accroîtra donc à l’infini (en théorie du moins : car lorsque Pierre dira : "Ce jeu est trop con, j’arrête de jouer", alors le jeu s’effondrera)*.

  Voilà : si vous avez compris ça, vous avez déjà compris l’essentiel du fonctionnement du papier-monnaie, et, partant, de notre système économique.   

Maintenant, le jeu à 3 cons.

  

Vous êtes toujours le banquier central. Vous prêtez 100 billets de 1 UDC à Pierre et 100 billets de 1 UDC à Jojo ; Jojo et Pierre doivent chacun vous rembourser 105 UJC à la fin de l’année. Le problème est toujours le même : il n’y a que 200 UDC en circulation.

  

Ici que les choses deviennent intéressantes, et mériteraient une petite     caméra-espion comme dans les lofts à la con : afin de pouvoir rembourser 105 billets à la fin de l’année, Pierre va tenter de soutirer des billets à Jojo, et inversement. De la sorte, s’il est le plus malin (ou s’il est armé²), Pierre sera solvable, mais pas Jojo.

  

Le système n’est ainsi conçu que pour pouvoir rembourser, il ne sert à rien ni de travailler, ni de produire des richesses : la seule manière de continuer le jeu est de prendre - d’une manière ou d’une autre - de l’argent chez les autres.

  

Dans un jeu plus élaboré, où tout le monde est contraint, par des milices armées, de participer, le jeu peut ainsi se poursuivre pendant des décennies. Plus le temps passe, plus l’insolvabilité globale augmente, et plus les gens auront tendance à utiliser tous les moyens (et la violence notamment) pour tenter, individuellement, de surnager ; ils deviennent tous plus cons que con.

  

On notera que deux risques surgissent à cette occasion :

  

(*) toujours le risque que Pierre dise : "Je ne joue plus", c’est-à-dire qu’il refuse de continuer à travailler, à inventer et à entreprendre dans ces conditions, et :

  

(²) le risque que la violence ainsi générée entre individus ne finisse par se retourner contre le système.

  

C’est à contenir ces deux risques que sert l’Etat.

 

            - Pour contenir le premier risque, l’Etat impose son monopole sur la monnaie, et fait voter, année après année, des lois de plus en plus répressives censées interdire toute autre forme d’échange.

  

            - Pour contenir le deuxième, l’Etat a pris pour rôle d’être la "réserve" de la dette : plutôt que de laisser s’endetter outre mesure directement les individus (ce qui aurait provoqué un chaos tel que le système serait par terre depuis longtemps), l’Etat s’endette lui-même au nom des individus. Ce faisant, l’Etat fait coup double : il sert de "vase d’expansion" à la dette globale (ce qui limite, comme dans un circuit de chauffage, la surpression des individus), tout en s’assurant le financement des indispensables capacités répressives afin, d’une part, de maintenir tout le monde dans le bocal fermé du système (il s’agit bien d’un système autarcique), et d’autre part, de pouvoir pomper les richesses produites par les citoyens. Si vous avez compris cela, vous aurez aussi compris que ceux qui vous disent qu’ils vont « réduire la Dette » sont, non pas des cons pour le coup, mais de fieffés menteurs puisque la Dette est la condition même de la perpétuation du système !!! La Dette est le vase d’expansion du système.

  

L’Etat, (sur)endetté, tentera bien parallèlement de maintenir un bon "rating" de sa dette, c’est-à-dire la capacité de pouvoir emprunter à des taux pas trop élevés. Le "rating" de chaque Etat est attribué par des agences de notation internationales, qui notent la capacité de l’Etat à honorer le paiement des intérêts de sa dette.

  

Comme le système n’est pas stable (vu l’inéluctable endettement, toujours croissant), les Etats se voient contraints de renforcer leur pouvoir afin de maintenir le rating de leur dette à un niveau raisonnable. Ceux qui parient sur le « dépérissement » des Etats se gourent car ils sont les garants du système.

  

Mais l’exemple japonais (rating A2 depuis peu) montre qu’il y a néanmoins une chose qu’aucun Etat ne pourra jamais faire : c’est contraindre les gens à s’enthousiasmer pour le surendettement, à continuer à inventer et à donner le meilleur d’eux-mêmes pour cela. En URSS, le ressort s’était cassé pour de bon dès les premières purges. Au Japon, il s’est cassé voici plus de dix ans.

  

Maintenant, c’est à notre tour, d’abord les USA, et ensuite les Européens.

  

Avant d’inventer le Jeu de Cons, nous jouions à un jeu moins virtuel car, alors, la monnaie était le substitut d’une richesse physique disponible en quantité limitée (or, immobilier, actions, pétrole, œuvres d’art, etc.), il n’y avait aucun problème de solvabilité (et aucun besoin d’un monopole quelconque !), puisque les richesses étaient produites (ou extraites) par le travail.

  

Par exemple, si votre monnaie était un substitut de l’or, et si vous prêtiez, de fait, l’équivalent monnaie de 100 grammes d’or à Pierre, il suffisait, pour Pierre (directement ou indirectement), de se retrousser les manches et de trouver chaque année 5 grammes d’or issus du sol, qu’il vous remettait, que vous stockiez dans votre coffre, et que vous utilisiez comme garantie pour émettre de nouveaux billets (ou vous pouviez aussi inverser l’ordre, et faire rentrer les billets correspondant aux intérêts dans le circuit via des achats à la mine d’or).

  

A l’origine, l’intérêt représentait naturellement le prix du renoncement de la jouissance immédiate d’un bien par un prêteur et le risque qu’il prenait en prêtant.

  

Quelle est, aujourd’hui, la justification de l’intérêt que demandent la BCE ou la FED ou les autres banques centrales pour l’émission, non contrôlée, de leur papier-monnaie (qui n’a rien d’une richesse !), à part l’intérêt bien compris de certains de pouvoir perpétuer le Jeu de Cons ? A ce sujet, voici une belle prémonition, celle du père du financier Warren Buffet, Howard Buffet, qui était membre du Congrès US en 1948. Il disait, alors :

  « En raison de la puissance économique des Etats-Unis, cela peut prendre du temps jusqu’à ce qu’on arrive à la fin de l’expérience du papier-monnaie. Mais, quand ce jour viendra, notre gouvernement trouvera certainement qu’il est plus sage de faire une guerre à l’étranger que d’engager un débat dans le pays. C’est ce qu’ont fait Hitler et d’autres dirigeants.     

Si l’on veut sauvegarder la liberté humaine, il n’y a pas de défi plus important que de gagner le combat pour la réintroduction d’une monnaie honnête, c’est-à-dire convertible en or. C’est le seul moyen d’être sûr que les fruits de notre travail nous resteront. »

  

Aujourd’hui, le recours à l’Etalon-Or n’est peut-être plus de mise mais le fond reste vrai et, il faudra bien trouver un jour une valeur communément admise, juste, transparente qui permette d’entamer un nouveau jeu nettement moins con.

  

Enfin, et c’est probablement la menace la plus importante à laquelle nous, Européens, devons absolument réagir : il est urgent de constater que l’actuel projet de « constitution européenne », dans son article III-77, risque de constitutionnaliser l’indépendance c'est-à-dire la dictature de la BCE et donc son pouvoir monopolistique incontrôlé. Cette constitution, a été rejetée en 2005 mais les Maîtres du Jeu de Cons vont nous la resservir prochainement et, là, ils risquent fort de ne pas nous demander notre avis !!!

  

La mission unique qui est assignée à la BCE - la stabilité des prix - risque d’être constitutionnalisée. Aucune autorité ne peut sanctionner la BCE, aucune majorité ne peut la contrôler. Rien n’est dit sur l’harmonisation et la coordination budgétaires. Elle n’a même pas, dans l’énoncé de son objectif, la mission d’assurer la croissance et l’emploi, contrairement à la FED qui, pour sauvegarder sa croissance, recourt à la stratégie de reflation. Son seul objectif, la lutte contre (ou le maintien de) l’inflation.

  

C’est vous dire aussi la crédibilité que l’on peut accorder à ceux qui nous promettent de lutter contre le chômage !!! Mais c’est un autre sujet et nous en parlerons un jour dans un autre dossier …

  

 Accepter cette « constitution » en l’état, ce serait mettre en péril, hypothéquer le bien-être des générations futures d’Européens. Même tant qu’investisseur averti, mais aussi en tant que salarié, en tant que père, mère, grand-père, grand-mère, nous nous devons de faire preuve de responsabilité citoyenne en mettant en avant ce danger d’autodestruction auprès de nos concitoyens et de nos « représentants » politiques.

  

Bis repetita, une guerre à financer, des déficits abyssaux, un pétrole cher, des taux d’intérêts très bas, l’or à la hausse, cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Bien sûr, nous sommes dans les mêmes circonstances qu’en 1971, l’année qui, entre autres évènements importants, a vu définitivement s’évanouir les accords de Bretton Woods (convertibilité du $ en or). Certes, l’Histoire ne se répète pas toujours mais il arrive qu’elle repasse les plats avariés.

 

Le miroir de l’Histoire lui renverra-t-elle le négatif de son image ? Quoi qu’il en soit, nous sommes à la veille d’un changement majeur dans les règles du « Jeu de Cons »

  

Rendez service à nos contemporains, faites connaître ces réalités toutes simples, car il n’y a rien de plus absurde que de participer à un Jeu de Cons duquel on ne connaît pas les règles qui sont parfois édictées par aussi con que nous ! Vous l’aurez compris :

  

• Notre système financier n’est pas éternel parce qu’il est fondé sur des concepts manipulables et virtuels, alors que seule la valorisation de nos richesses à partir d’une base convertible et mondialement reconnue  peut rendre pérenne la transmission de la (notre) richesse dans le temps. Dans les temps que nous vivions il est urgent de travailler à la définition de cette « Base » qui, autant que possible, devra aussi servir à gommer les errements mis en place par le système actuel : la mondialisation destructrice, la soumission de peuples entiers, le dumping international, la course à l’échalote de la croissance et son cortège de destructions écologiques, sociales et humaines.

  

• Notre système financier n’est pas éternel parce qu’il est issu du commerce des promesses, et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit, rarement celui ou celle qui l’a faite.

  • Notre système n’est pas définitif parce qu’il est fondé sur un postulat simple : l’entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires, qui se confond insidieusement avec celui de ses dirigeants, stocks options et golden parachutes à la clé.

• Notre système financier n’est pas durable parce qu’il nous condamne à croître et que nous nous apprêtons à léguer aux générations à venir des dettes financières monstrueuses, des pénuries matérielles irréversibles et une planète invivable.

  

Tout se passe comme si le présent était notre seul avenir. Dès lors, pourquoi transférer nos richesses dans le temps ? N’est-il pas préférable de transférer nos valeurs, celles qui font que la vie vaut d’être partagée et vécue ?

  

Alors, on arrête de jouer au Jeu de Cons ? Nous, au RPW (et pas seulement chez nous), nous traduisons cela simplement : « Un autre monde est possible, un autre monde est en marche » ; c’est peut-être pour cette raison que l’on voudrait nous faire taire, alors, venez « marcher » avec nous !!

  

 Une info qui vous avait peut-être échappé :

  

« ECHEC DES NEGOCIATIONS A L’OMC ! »

   

« Le mardi 19 juin, le G4 était en réunion à Potsdam, près de Berlin. Le G4, c’est la réunion des ministres du Commerce du Brésil, des Etats-Unis, de l’Inde avec le Commissaire européen au commerce international. Leurs collègues de l’agriculture s’étaient joints aux discussions.  Ils viennent de se séparer sans se mettre d’accord.

   

Objet de cette rencontre qui s’inscrivait dans le cadre des négociations à l’OMC : réduire les divergences sur les deux dossiers qui opposent ces pays et les groupes de pays qu’ils représentent. Premier dossier : l’ouverture des marchés du Sud aux produits industriels des pays occidentaux par la diminution des droits de douane (leur principale source de revenus). Second dossier : l’agriculture où l’enjeu était la réduction des tarifs douaniers des pays du Sud en échange de l’ouverture des marchés des pays occidentaux et la réduction des aides que ces derniers pays apportent à la production et à l’exportation de leurs produits agricoles.

   

Cette réunion de Potsdam avait été préparée, dans le plus grand secret, par plusieurs autres. Les propositions avancées par les responsables des négociations à l’OMC avaient suscité de très vives critiques des pays en développement et des pays rangés dans la catégorie de « pays les moins avancés », c’est-à-dire les plus pauvres. Pendant que la presse occidentale matraquait avec zèle le slogan des multinationales et de leurs relais à la Commission européenne, à la direction de l’OMC et dans les gouvernements occidentaux selon lequel le libre échange favorise le développement, pendant que cette même presse et ces mêmes décideurs politiques répétaient à satiété que l’échec des négociations pénaliserait d’abord les pays les plus pauvres, les premiers concernés, soutenus par quelques agences de l’ONU (la CNUCED, la FAO et plus timidement le PNUD) expliquaient inlassablement, sans que les médias leur fassent écho, que les propositions occidentales allaient surtout profiter aux Occidentaux et renforceraient la dépendance de leurs pays à l’égard des pays les plus riches. 

   

Les discussions de Potsdam devaient durer jusqu’au dimanche 24 juin. Un résultat positif aurait permis de boucler un accord sur le programme de négociations lancé à Doha en novembre 2001. A Genève, dans l’entourage de Pascal Lamy, on envisageait déjà une rencontre ministérielle fin juillet pour finaliser la négociation et signer un accord.  Une telle conclusion aurait provoqué une nouvelle poussée de la dérégulation massive qu’on appelle souvent mondialisation. Avec encore plus de dérégulation sur les services, sur les marchés publics, sur les investissements, cette avancée aurait été comparable à celle acquise en 1994 au terme de l’Uruguay Round dont on mesure aujourd’hui les dégâts : privatisation des services publics, médicaments essentiels devenus inaccessibles, brevetage du vivant, dumping social planétaire, délocalisations, perte de compétitivité des produits agricoles du Sud, dépendance alimentaire accrue de ces mêmes pays.

   

Pour nous Européens, il faut rappeler que ce sont nos gouvernements, de gauche comme de droite, qui, avec la Commission européenne, ont négocié les accords de l’Uruguay Round. Ce sont ces accords qui ont donné son élan à la mondialisation. Et ce sont ces mêmes gouvernements qui sont à l’origine du programme de Doha ?

   

L’échec de Potsdam est une bonne nouvelle pour les peuples. Du Nord comme du Sud. On peut maintenant raisonnablement espérer que le cycle de négociations commencé à Doha est dans l’impasse pour plusieurs années. Après l’échec de la négociation du projet d’Accord Multilatéral sur l’Investissement (1998), après l’échec de la conférence ministérielle de Seattle (1999) puis de celle de Cancun (2003), l’enlisement du programme de Doha est une nouvelle victoire de la résistance conjuguée et coordonnée des peuples du Sud et du mouvement altermondialiste si décrié aujourd’hui, y compris par la vieille gauche tellement absente de ces dossiers. Un intense travail a été fourni à Genève par les réseaux altermondialistes du Nord (par ex : l’Institute for Agriculture and Trade Policy, Oxfam International) et du Sud (par ex : Third World Network, Focus on Global South) et les négociateurs des pays du Sud. Il trouve son aboutissement dans l’incapacité des USA et de l’Europe à dicter une fois de plus leur loi, celle des multinationales, au reste du monde.

    Il n’y a pas de fatalité. Qui résiste existe.    

Raoul-Marc Jennar                                                                                                    Chercheur Altermondialiste                                                                                                                 21-06-2007 »

             Cet échec des négociations à l’OMC fut, pour nous une excellente nouvelle.    Merci à notre ami Raoul Jennar pour ce travail accompli au service d’un autre monde.

 Raoul vient de partir au Cambodge pour une mission à la demande du Gouvernement Cambodgien, il va nous manquer ici mais nous sommes sûrs qu’il fera du bon travail là-bas.    Nous retenons aussi sa conclusion : « Qui résiste existe » ; c’est tellement vrai en ces temps de renoncement de certains à leurs idéaux, à leurs valeurs.

 Venez donc résister avec nous !!!   

22:52 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/09/2007

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE

LE PIRE ENNEMI DES PROFITS C’EST

LE     PLEIN    EMPLOI

Le chômage est un redoutable moyen de pression entre les mains de l’Etat et du patronat, et il constitue le meilleur moyen d’imposer la paix sociale et le contrôle des salaires par le biais de la précarité. Vous vous en doutiez sans doute !  Mais connaissiez-vous le NAIRU (prononcez Nairou car c’est le l’English !) ? Ce n’est pas un gros et placide poisson de roche (délicieux au demeurant) ; ce n’est pas non plus un homme politique Hindou compagnon de Gandhi !! Non, cette saloperie a été pensée, à notre connaissance, dans les années 60 à la London School of Economics, l’un des fiefs des promoteurs du néolibéralisme à travers la Société du Mont Pèlerin et définitivement nanti de l’onction cardinalice néolibérale par Milton Friedman en personne au sein de sa dévastatrice « Ecole de Chicago ». NAIRU signifie, en fait : Non-Accelereting Inflation Rate of Unemployment. Vous voyez le travail !! On est en droit de préférer le Mérou et Nehru réunis !!!    Le plein emploi ? Vous voulez rire ? 

Oui, le pire ennemi des profits financiers, c’est le plein emploi. En effet, si l’on veut garantir aux investisseurs 15 % de retour sur investissements, il faut bien les trouver quelque part. Dans un contexte macroéconomique qui génère allègrement 5 % de croissance à l’échelle planétaire et difficilement 2% en Europe, il faut bien peser sur les coûts afin de combler la différence ma bonne amie comme dirait Mme Parisot prenant le thé avec Mme Lagarde.

  

La rémunération du travail étant perçue comme un coût, il faut la minimiser en faisant en sorte que l’emploi soit une denrée rare. Mais existe-t-il un nombre magique qui permette de fixer le point à partir duquel la pression sociale/salariale, les profits et le taux de chômage sont tels qu’ils optimisent l’inflation ?

 

Ce nombre magique existe et a un nom : c’est le NAIRU ou taux de chômage d’équilibre ou encore taux de chômage « naturel ». Le postulat de départ est le suivant : lorsqu’on s’approche du plein emploi, la capacité des salariés à négocier des augmentations de salaire s’accroît, les entreprises répercutent le coût du travail plus élevé sur les consommateurs, et l’économie est entraînée dans une spirale salaires-prix.

  

Le NAIRU permet de modéliser la croissance potentielle du PIB (La croissance au delà de laquelle il ne faut pas aller, au risque de faire croître l’inflation), et il est admis chez nos chers penseurs bien pensants que s’il n’y a pas de croissance il y a du chômage potentiel. Nous en revenons à cette fameuse obligation de croissance déjà décrite dans notre Jeu de Cons.

  

L’obsession des économistes bien en cour et des banquiers centraux est la lutte contre l’inflation (la crise de 29 a laissé des traces indélébiles et celle des années 70 également). L’administration européenne en a également fait son cheval de bataille : « stabilité des prix » (Traité de Maastricht), « la lutte contre l’inflation est un bien commun de l’Union au même titre que l’Euro » (Traité de Lisbonne).

  

Dans ce contexte la BCE a statutairement pour principal objectif de maintenir la stabilité des prix au détriment de tout autre paramètre, y compris le niveau d’emploi. La BCE donc est responsable du taux de chômage élevé en Europe, la BCE programme le chômage.

  

Chaque fois qu’un banquier central augmente ses taux d’intérêts ou qu’il décide de ne pas les baisser en situation de diminution de l’activité économique (mesurée par le PIB), il sait qu’il met au chômage les catégories les plus vulnérables de la population. Il le sait et il le fait !!

  

Pourquoi la lutte contre l’inflation est-elle si importante ?

L’inflation, c’est l’augmentation du niveau général des prix, c’est ce qui donne sa valeur à l’argent, et l’argent doit garder cette valeur dans le temps afin de pouvoir transférer ou garder les richesses ; or, s’il y a trop d’inflation, l’argent perd de sa valeur. Ce qui est une mauvaise chose pour les créanciers, et une aubaine pour les débiteurs.   

 

Dans le même esprit que l’externalisation qui permet à une entreprise de transformer ses coûts fixes en coûts variables de façon à pouvoir mieux maîtriser sa capacité relative à générer des profits indépendamment du volume de son activité économique, le NAIRU permet de modéliser la croissance potentielle de façon à ce qu’elle ne soit pas supérieure au point à partir duquel l’inflation augmente, c’est-à-dire à partir duquel l’unité de valorisation du capital baisse.

  

C’est dans cette même logique que s’inscrivent le travail temporaire, la filière des stages, les contrats à durée déterminée et autres formules visant à assouplir et à fluidifier le travail.

  

Plus efficace encore que la variabilisation des coûts fixes, il existe la mondialisation. Car la mondialisation, c’est une réorganisation du travail à l’échelle planétaire ; elle permet aux grandes entreprises, en supprimant toutes les barrières, de trouver une main-d’œuvre docile, de qualité (parfois), et, en tout cas, à un coût défiant toute concurrence, dans des pays dans lesquels on est certain que les travailleurs ne pourront pas se syndiquer ni revendiquer d’augmentations de salaires.

  

En fait, le chômage n’est rien d’autre qu’une variable d’ajustement économique au service du politique capitaliste (ou « libérale » si vous préférez). Avec tous les effets négatifs ou positifs, selon sa position dans les « castes » socio-économiques que cela implique sur le taux d’emploi, sur la perte de vitalité de nombre de territoires européens, sur la réduction de rémunération du travail et sur l’augmentation de celle du capital.

 

C’est quoi l’inflation ? L’inflation se définit normalement comme une hausse durable du niveau général des prix (c’est-à-dire des prix de tout ce qui s’échange -s’achète et se vend- dans une économie), dans les faits, l’inflation est mesurée, notamment, par l’indice des prix à la consommation. On serait en droit de se demander pourquoi l’augmentation/diminution des valeurs mobilières (actions, obligations) et des valeurs immobilières (bâtiments, sicafi) n’est pas prise en compte dans le calcul des prix à la consommation. Parce qu’un bien de consommation, par définition, perd de sa valeur avec le temps (vous le revendrez sans doute moins cher un an après l’achat), alors qu’un investissement est par définition (ou par convention) supposé correspondre à l’inverse. Or le système financier, comme nous l’avons déjà souligné, transfère dans le temps les plus-values produites par les investissements. Il serait donc contre-productif de tenir compte, dans le calcul de l’inflation, d’un paramètre qui a pour vocation d’augmenter, puisque, ce faisant, il viendrait augmenter l’inflation qui, par voie de conséquence, diminuerait la valeur de l’investissement. Vous voyez, quand vous voulez, vous le comprenez ce système !!!

  

De plus, comme le faisait remarquer le Friedman de tout à l’heure, l’un des papes du néolibéralisme : « Si les ménages sous-estiment le taux d’inflation effectif, ils seront enclins à offrir plus de travail, puisqu’ils surestiment le salaire réel proposé, ce qui les conduit à accepter des propositions d’emplois qu’ils refuseraient si leurs prévisions étaient correctes. »  Faut-il vous préparer la vaseline ? ça fait mal, hein, de sous-estimer l’inflation !!£

  

Pour être complet, rappelons encore que ce taux « naturel » de chômage non accélérateur d’inflation est devenu une norme qui fait monter ou baisser la Bourse en fonction du nombre d’emplois créés ou détruits. On appelle ça, de nos jours, les licenciements boursiers !!! Encore un Jeu de Cons !!!

  

Au-delà du discours économico-financier, ne nous voilons pas la face, ce monde marche sur la tête. Les jeunes ont des problèmes d’emploi, mais aussi les femmes, les immigrés, les personnes de plus de cinquante ans... Bref, tout le monde a un problème d’emploi, et de précarité relative, quels projets de vie peut faire un intérimaire, or de plus en plus, on en recrute à tour de bras au détriment de l’emploi pérenne, c’est à croire que le patronnat c’est converti à la religion NAIRU !!! Pourtant, le travail est le meilleur rempart contre la pauvreté. Ne comptons pas non plus sur nos élus POLITIQUES pour trop en faire sur ce plan, ils ont tous peu ou prou intégré ces données (à droite) ou se sont couchés (à « gauche »), ce qui revient au même.

  

Notre « société de marché » actuelle, complètement focalisée sur la maximisation des profits à court terme au bénéfice de la Finance mondialisée, n’est pas, ne peut pas être, la seule organisation sociale possible. Il est urgent d’en imaginer une autre qui pourrait remettre l’humain au centre des préoccupations. On ne peut  laisser libre cours au marché, toujours et partout, dès lors que cela met en cause la stabilité même de nos sociétés humaines et leur capacité à assurer leur cohésion sociale ; dès lors, car nous en sommes là, qu’il remet en cause la pérennité même de l’espèce humaine.

  

Parce que :

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE  

22:45 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/09/2007

VOUS AVEZ DIT EUROPE ???

Je voudrais aujourd’hui vous parler de  

l’Europe Centrale et Orientale, cette deuxième moitié de l’Europe géographique et culturelle qui nous ressemble tellement  et avec laquelle, nous partageons des millénaires d’histoire et de traditions communes, qui font qu’après 18 ans de leur changement politique, nous en sommes déjà à oublier leur passé récent pourtant destructeur.

 

 

Pendant près d’un 1/2 siècle, ils faisaient partie de ce que certains ont considéré à tort comme « un bloc », le « bloc de l’est », sous tutelle de la dictature soviétique. J’ai bien dit à tort, car, nous avons vu, en 1989, que ce bloc avait rapidement fait long feu, et depuis, il se dissout chaque jour un peu plus, sous la pression du pouvoir de l’argent qui devient chaque seconde  qui passe, le maître absolu de ce monde du grand marché planétaire et de la mondialisation. Quelques années ont suffit  pour que ce bloc de gruyère s’effrite, puis s’effondre avec les drames économiques et sociaux que nous constatons tous aujourd’hui, et l’Europe, dans ce merdier, que fait-elle ???

 

                                      Déjà, avec Solidarnosc, le ton était donné, l’église catholique romaine, voulait sa revanche aux accords de Yalta, elle qui avait béni les troupes hitlériennes, et elle mit tout en œuvre pour parvenir à ses fins. Un pape « polonais », un syndicat activiste et à sa tête, un leader médiatique et médiatisé et le coin était enfoncé dans ce bloc.

 

Il ne fallait pas grand-chose pour que les tchécoslovaques en reviennent au « printemps de Prague » , que les hongrois se revoient comme en 1956 et emboîtent  le pas à leurs « camarades polonais » pour se décrocher de l’influence moscovite, et la messe fut dite le 14 septembre 89 lorsque les masses abattirent le symbolique mur de la honte dans les rues d’un Berlin réunifié. La mort de Tito en  Yougoslavie facilita les choses aux nombreux sous-régionalismes et nationalismes de tous poils, et ce fut l’implosion de ce bel état fédéral longtemps modèle du « socialisme à visage humain », cette région vit depuis lors de multiples exactions humanitaires allant de génocides en purification ethnique, avec en toile de fond un relent de guerre religieuse. Et pendant ce temps là, la « grande Europe démocratique », cette grande puissance voisine, que fait-elle ??? Elle attend que l’OTAN intervienne comme si, l’alliance atlantique était la 1ère puissance intéressée.

 

 

En dehors de l’URSS et des pays précédemment cités, certains se sont singularisés en essayant de résister, il fallut une seule erreur de la sécuritate à Timisoara pour que l’on assiste aussitôt à une représaille et un tour de force qui consista à maquiller un putsch sanglant  en une révolution populaire légitime avec liquidation physique du couple de malfaisant qu’étaient les Ceaucescu à la tête de ce sympathique pays des carpates.

 

 

Il faut néanmoins savoir que l’instigateur des premiers rassemblements secrets à Timisoara était un prêtre , celui-ci vit très vite son église trop petite pour ses oraisons, il s’empara dès lors de la rue en face de son office, puis du boulevard attenant, pour aboutir à la mise à feu de la mèche que l’on sait.

 

 

Voilà donc, en quelques années, le soi disant bloc soviétique qui s’effondre, qui vole en éclat, et, eu égard aux changements que cela va provoquer, cela se fait sans grands dégâts humains, ex-Yougoslavie  mise à part.

 

 

Au niveau philosophique, tout cela s’explique très bien, car dans les années 80, le scénario est bien mis au point, les  meneurs spirituels de la mouvance libertaire, sont les tenants de la mouvance philosophique catholique romaine ou de la mouvance voisine qu’est la très chrétienne orthodoxie. Ils sont structurés et organisés. Ils sont aux ordres ou en rapport étroit avec le vatican et tout chez eux est programmé, réfléchi et adapté aux diverses situations locales, ils ont depuis longtemps leur 5ème colonne dans les lignes ennemies et leur service secret qu’est l’Opus Déï  n’en est pas à son premier forfait .Ce n’est donc pas un hasard, si les pays à majorité catholique romaine sont avant les autres dans le mouvement de lutte anti-communiste, pour Rome, un seul objectif, faire tomber le communisme !

 

 

Au niveau économique, l’œuvre est facile , tant la faillite du système du « tout-état » corrompu est patente. Sans trop entrer dans le détail, je voudrais ici faire un rapide aparté, la faillite est patente, ais-je dit, j’aurais du dire, tant les pressions économiques du capitalisme mondialiste « made in américa » sont puissantes face au système trop autoritaire de Moscou. Les intellectuels les plus gourmands de l’Est fuient à l’Ouest, une partie des autres tentent d’entrer dans la nomenklatura corrompue des apparatchiks et l’écrasante majorité s’étiole lentement avec les miettes qui leur sont consenties  par le système qui ne voit rien venir. L’Union Economique Européenne, s’est alors dès ses prémices de fondation (CECA-PAC etc. ) toujours trouvé aux côtés du modèle économique américain, ceci est une constante sans faille, même si, à un moment  donné, Charles de Gaulle  a renâclé à rallier l’OTAN à propos de l’indépendance nucléaire, mais aussi par rapport à sa vision du futur de l’Europe qui n’étaient pas tout-à-fait celle du lobby capitaliste mondialiste américain, il fut lui comme les autres, liquidé du pouvoir par son propre camp (1er ministre en tête) sur un sujet de politique intérieure jugé trop progressiste par les libéraux conservateurs qui, jusque là le soutenaient.

 

 

Au niveau des droits de l’Homme, à l’Est de l’ex rideau de fer, la situation est catastrophique, et  les peuples y sont en apparence résignés, mais la majorité de ces peuples n’attend qu’une chose : l’occasion de se saisir de nouvelles libertés ou plutôt reconquérir des libertés trop longtemps étouffées et meurtries.

 

 

Si la Roumanie a été un peu en retard dans ce processus de libéralisation, c’est parce que là, plus qu’ailleurs, la pression de la dictature était lourde, omniprésente, et, chose plus rare, avec la plus parfaite complicité de l’église orthodoxe roumaine, qui, en échange, et contrairement aux autres religions (catholique romaine, gréco-catholique, protestante) ne fut pas décimée, ni par les communistes, ni par Ceaucescu.

 

 

Depuis 18 ans donc, la Roumanie se refait un apprentissage de la démocratie libérale et beaucoup de relais d’opinion ont depuis belle lurette été conquis, créés, recréés, façonnés par les tenants du capitalisme mondialiste. Après l’instauration d’un régime  présidentiel  est parlementaire élu au suffrage universel, droite et sociale démocratie se battent pour le pouvoir, sans que cela remette réellement en cause le choix du libéralisme fondamental qu’est le capitalisme mondialiste, ils sont donc  pro-américain par nature et pro-européen par opportunisme. Mais elle paiera ce retard dans l’histoire par son entrée plus tardive dans la « Grande Europe », ses dix pays voisins, par hasard, tous à majorité catholiques y sont entrés en 2004. Deux poids, deux mesures, mais non… Mon cher vous faites là un scandaleux procès d’intention.

 

 

Côté Bulgare, si la situation est un peu différente  de la Roumanie, les causes de retard économique, sont aggravées par la pauvreté des richesses naturelles du pays. Au niveau du système, là aussi, corruption, nomenklatura et résignation ont largement contribué à enfoncer un peuple balkanique aux traditions pourtant accueillantes et généreuses.

 

 

 A ce stade, ce serait faute historico-géographique que de ne point nommer ici et maintenant,  des Etats comme l’Ukraine orangisée, la Géorgie libéralisée  et la Moldavie euro-communiste à retardement,  qui eux aussi se sont réveillés et grâce à un soutien financier massif américain, eux aussi, ils frappent à la porte de l’Europe et de l’OTAN et veulent eux-aussi leur part du gâteau capitaliste, jusqu’à s’en faire péter la sous ventrière . Il ne faut pas être devin pour entrevoir leur entrée rapide et prochaine au sein de la force atlantique, après tout, les 10 entrants de l’Europe, plus les Bulgares et les Roumains y sont déjà pour quoi pas ces riverains de la Mer Noire et de la Mer  Caspienne, situation hautement stratégique, n’est-il pas ???  Revenons un peu sérieux, voyons, ces pays sont, comme l’ensemble des nouveaux entrants ou candidats entrants à l’Union  Européenne, des alliés inconditionnels des states lors de l’offensive irakienne, preuve si il en faut de leur allégeance à la bannière étoilée d’outre atlantique. A propos de bannière étoilée, les plus « calotins » du PPE n’ont-ils pas fait la fête lorsque fut adoptée la bannière bleue (libéral) et ses douze étoiles jaunes symboles de 12 apôtres de l’histoire sainte ??? Tiens tiens, et pourquoi  à 15 puis 25 et maintenant 27     toujours 12 étoiles ???  Ce n’est pas non plus un hasard que le sinistre BUSH (himself) se soit fait le chantre de l’adhésion européenne de l’Ukraine au moment de l’installation d’UTCHENKO en ce mois de janvier 2005. Soyons maintenant, tout-à-fait sérieux, et convenons ensemble, que c’est pays ont un passé ancien de vie et d’échanges ethniques et culturels avec le reste de l’Europe des 27, il serait donc logique qu’un jour ils se retrouvent avec nous dans ce grand « machin » que l’on dénomme toujours « le marché commun » ou « l’Union Economique Européenne ».

 

 

L’  « Europe de l’Atlantique à l’Oural », n’est donc plus une expression de visionnaire délirant, cela en renforce la valeur historique de son auteur qui l’avait utilisée en son temps tout comme d’ailleurs, La France,  de  «  Dunkerque à Tamanrasset » (rires).

 

 

Dans ces pays, où le « tsunami » politico, socio économique dure depuis 18 ans, bien malin celui qui s’en sort sans casse. L’absence de classe moyenne structurelle suite à la période communiste, fait que le fossé social se creuse et prend des proportions inquiétantes pour tout progressiste normalement constitué, fut-il modéré ! Cela s’aggrave encore si l’on est issu de l’importante minorité ethnique  « Tzigane », très présente dans ces pays. Elle subit d’ailleurs une ségrégation raciste et xénophobe intolérable, pas si éloignée que cela de ce que l’on a connu en Afrique du Sud il n’y a pas si longtemps.

 

 

Les riches deviennent donc de plus en plus riches et les pauvres sombrent dans la misère et la mendicité. Si près de nous en Roumanie, le salaire minimum est toujours inférieur à 4eur/jour, le salaire de départ d’un prof d’unif est inférieur à 300eur/mois. Les protections sociales (RMI,Minimex etc .) sont inexistantes, le système chômage ne protège rien ni personne tant il est d’une faiblesse absolue, et enfin le régime des pensions fait qu’à ce jour, la pension moyenne est inférieure à 150eur/mois.

 

 

C’est dans ces pays là que nos braves patrons délocalisent, on comprend mieux pourquoi.

 

 

Voilà donc, mes amis, ce qui nous attend, après 2007, après l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans le « machin européen », plus de la moitié de l’institution sera de fait en état de paupérisation économique et surtout sociale. Nous serons tous ensemble, dans cette Europe là, celle du servage, de la dérégulation salariale et sociale, celle de la  domination absolue de l’argent maître de tout et de l’homme esclave d’un maître qui n’a même plus de nom, plus de visage, pas de culture, mais qui génère des appétits féroces et insatiables dans le domaine du « toujours plus ».

 

 

L’administration technocratique européenne a plusieurs décennies d’expérience , demain elle sera encore renforcée par la directive Bolkestein ou son clône si peu changée,  et la mise au placard de la stratégie de Lisbonne. Seule la loi économique de la constitution européenne  sera d’application et quand aux rêveurs d’une Europe Sociale, ils n’auront plus qu’à aller se rhabiller à la Croix-Rouge ou chez Emmaus.

 

 

Entre temps, deux pays fondateurs et non des moindres ( France et Hollande) ont par référundum,  dans des proportions similaires, et  avec des motivations semblables, rejeté majoritairement leur projet de loi nationale approuvant la constitution européenne, ils ont ainsi mit un frein à la boulimie globalisante et libérale, la Turquie a failli être rejetée en sa demande d’entrée, et les autrichiens jamais en retard quand on parle de droite extrême, a réussi le coup de force à faire entrer en négociation officielle comme pays candidat entrant la très à droite et catholique romaine des plus intégriste Croatie. Utchenko est revenu à la charge auprès de la présidence anglaise, Albert de Monaco et la Reine Elizabeth II ont continué à recevoir des subsides de ce gouffre à subvention qu’est la pac et  que la commission est prête à brader face aux exigences des rois du bourbon/ketchup. Sarko/facho s’est fait élire de justesse (53/47) et il va enfoncer le clou d’une traité qui ne changera rien aux dangers économiques de l’ex constitution Gidcard. Comme quoi tout va bien .

 

  

                                    On vit une arrière saison particulièrement chaude avec des températures excessives et bonjour les effets de serre, des mois de septembre et octobre au climat incroyablement chaud, des tornade et cyclones à répétition, ce qui nous a permit de voir les faiblesses coupables du rêve américain qui rejette les noirs et les pauvres, et malheur total si ils sont les deux, heureusement que « La New Orléans » à son jazz inimitable pour pleurer et de nombreux mélomanes dans le monde entier pour les aider. Et ne voilà –t-il pas que des jeunes osent se révolter en France, pays de cocagne et des libertés démocratiques. Certes ils se trompent souvent de cibles en s’attaquant trop souvent à des biens de travailleurs qui eux aussi ressentent le mal-être des cités, mais leur combat est significatif d’un état d’esprit, il est le terreau de ce qui va se passer dans une vingtaine d’année dans cette grande Europe réunifiée. Déjà aujourd’hui, les services secrets et autres contre espionnage prévoient une révolution à l’échelle européenne pour les années 2020 aussi dure et renversante que ne le fut pour l’époque  les première années qui suivirent la prise de La Bastille jusqu’à l’abolition des privilèges voici 208 ans seulement. C’est à ce point la crainte réelle de ces services que bon nombre de quinquagénaires en voie d’accéder au pouvoir dans leur état nation programment leur carrière politique ou d’affaires pour en sortir dans une bonne dizaine d’années, soit « avant » le grand big-bang des populations exacerbées d’être condamnées à rester sur la touche du progrès des technologies, d’être sans cesse marginalisées et exclue de la marche des affaires et des prises de bénéfices.

 

   

Vivre debout ou mourir couché, voilà, aujourd’hui, je le pense, la question existencielle essentielle. Qu’allons nous être et faire ?  Quel savoir être, pour nous homo sapiens que nous sommes et pour le progrès de l’humanité que nous appelons tous de toutes nos forces.

 

                                     Ou nous restons stoïques, lucides et, sans prétention, fiers de ce que nous sommes. Ou nous nous livrons pieds et poings liés à la machine à broyer de la société de la mondialisation, de la mal-bouffe, de la consommation et de la religion du nouveau dieu  «  pognon »  tout puissant.  

 

J’ai pour ma part toujours choisi la solution de la Liberté, et je puis, sans détour, vous dire que cela est mal perçu, mal vu, se mettre  « hors normes », c’est marginal ! Et cela se paie cash, toute ma vie, mon cursus professionnel en est la preuve parlante et vivante, aujourd’hui encore, je le paie plein pot en matière de droits économiques et sociaux fondamentaux, voire en matière de droits « tout court ».

 

  

Que vont-ils encore pouvoir inventer pour « casser ce rebelle », la société de Davos ne tolère pas de gens comme moi, et je m’attends à l’une ou l’autre tentative supplémentaire de mettre à bas qui ose ainsi relever la tête et s’affirmer autre chose qu’un robot déshumanisé.

 

                                           Si le choix est intellectuellement aisé, il est matériellement extrêmement difficile à soutenir   pour une écrasante majorité d’ou l’appellation non usurpée de marginal.   

 

 

                         JE SUIS ET …  J’ASSUME 

                                                         

                      

13:07 Écrit par PD dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |